‹ La peintureChapitre 6 sur 41 · DESSINS D'ENFANT · texte numérisé non relu

DESSINS D'ENFANT

semble pas excessif) peut resplendir sur un croquis, d'enfant, dans l'ignorance absolue des moyens dont l'art se sert.

Nous sommes ici en plein mystère des conceptions embryonnaires, en plein secret des aubes naissantes.

C'est peu de chose, me direz-vous, que cette fraîcheur matinale et que prouve-t-elle ?

Elle ne prouve rien, mais elle est un germe d'espérance. Il n'a pas non plus beaucoup d'importance, le jet perlé de la source que cachent trois brins d'herbe. Il peut pourtant commencer le fleuve.

Ici, c'est peut-être le vagissement du beau dans la buée d'une aurore de paradis. Ce rien vient du ciel ; et ce charme d'innocence qui va se perdre dans le demi-savoir, il faudra la science profonde pour le retrouver, mais alors dans toute l'intensité de sa puissance.

En attendant rien n'a la sensation de l'infini comme cette ignorance lumineuse ; aucune lumière ne vaut cette brume qui cache la mort, cette aveugle certitude de l'éternité, au temps où la pensée, à peine sortie de Dieu, s'incarne dans l'être par l'image.

LES LOIS ESSENTIELLES

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