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LES ORFOINES
de Byzance ; car les îlos de la lagune entretenaient alors avec la capitale de l'Empire d'Orient des relations politiques et commerciales continuelles.
Mais c'est dans la basilique do Saint iMarc que l'art byzantin brille de tout son éclat. En 1063, de doge Domenico Contarini commença la reconstruction de cette basilique, dont la fondation remontait au temps du doge Giovanni Partecipazio, à l'année 829. Contarini mourut en 1071, et Domenico Selvo fut élu à sa place. Le nouveau doge fut conduit au milieu des acclamations du peuple dans la nouvelle église, nondum compléta, suivant le témoignage du chroniqueur Andréa Dandolo; plus tard, il l'acheva et la revêtit de mosaïques.
Venise portait sui' les rivages du Bosphore ses armes et ses marchandises, et Byzance envoyait sur les bords de la lagune ses architectes et ses maîtres mosaïstes.
C'est un fait considérable à Venise que l'influence byzantine ; elle caractérise une période de véritable grandeur dans l'art du moyen âge, et nulle part elle ne se manifeste avec plus d'éclat que dans la basilique de Saint-^Iarc, où les mosaïques exécutées au XIP et au XIIF siècle, nous offrent encore aujourd'hui, en dépit de restaurations fâcheuses, un idéal de beauté plein de puissance. Art merveilleux, digne inauguration des débuts de la grande république ! Avec le charme mystérieux de sa fantaisie, cet ait allait peupler les ciels de la basihque de saints, créations de rêve, aux grands yeux pleins de langueur, de vierges et d'anges dont le visage exprime comme une angoisse mystique.
11 ne faut pas oublier toutefois que l'art byzantin, étroitement lié, comme l'art égyptien, aux institutions publiques, en rapport intime avec le culte, les fêtes, les monuments, a réduit ses personnages à des types invariables et symboliques, et qu'à Venise même, il est resté immobile. Pendant ce temp.s, Cimabue donnait le signal de l'admirable renouvellement de l'art italion, et Giotto marchait à grands pas dans la voie ouverte par son génie. Venise elle même allait grandissant, entre le fantôme d'empire des Césars de Byzance et le flot renouvelé de l'invasion
étrangère; elle étendait son commerce et ses altaires jusque dans les pays les plus éloignés, elle alïérmissait l'État sur les bases de la loi et de la justice, elle apprenait à unir l'héroïsme et 1' habileté,
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Venise. Basilique de Si-Marc — La Tour de Babel — (Mosaïque du XIIP siècle).
le culte de l'idéal et le souci des intérêts, et, comme trophées de ses victoires et de sa gloire, elle élevait de superbes et majestueux édifices. Malgré tout, le progrés de la peinture était lent et pénible.
L'art du dessin était encore trop complètement soumis à l'influence de Byzance pour pouvoir prendre son libre essor.
On veut que dés le commencement du XlIP siècle, le grec