‹ La peinture vénitienneChapitre 2 sur 55 · I. — LES OllIGINES · texte numérisé non relu

I. — LES OllIGINES

Thropharie ait ouvert à Venise une école de peinture; mais nous ne savons rien de ce [)ersonnage. On voit à Venise, sur la fin du XIII'' siècle, un grand nombi-e de peintres formant une association, avec des statuts qui portent la date du 7 décembre 1271 ; mais ce devaient être soit des mosaïstes, soit des peintres d'images sacrées, pauvres et informes productions, d'enseignes de taverne, de coffres (ar celle], de selles, boucliers, targes, écus et autres armes défensives.

Les essais de la peinture vénitienne à ses débuts, les plus anciens et les plus curieux que l'on connaisse, sont: un tableau d'autel, le Crucifix sur bois, dit Crucifix del Capitello (1290) dans la basilique de St- Marc; la bière en bois de la bienheureuse Giuliana di Collai to (1297 ?) dans l'oratoire des Keoles do charité de Sainte-Agnès, et un tableau représentant la Vierge et des Saints dans l'église de St-Jean l'Évangeliste. Il y a dans la basilique de Santa Maria e San Donato, à Murano, un monument beaucoup plus précieux pour l'histoire de l'art et dont la date est certaine. C'est un bas relief en bois, avec des ors et des couleurs, haut de 2 mètres, large de 0"' 44. Au milieu se détache en relief un San

Murano. Eglise de Santa Maria e Donato Bas-relief | eint du XIV" siècle.

Donato en vêtements épiscopaux ; aux pieds du saint, deux personnages en miniature, le podestat de Murano Donato Mémo et sa femme. L'inscription est en caractères gothiques; elle constitue un des plus anciens spécimens du dialecte vénitien ; en voici le texte: [Corando MCCCX indicione VIII in tempo de lo nobele homo miser Donato Mémo honorando podestà de Murano facta

Pndoue. Chapello dos Scrovegni — Descenth: de Croix — Giotto.

fo questa anehona de miser S. Donado]. On s'accorde généralement à voir dans cette peinture l'ceuvre d'un artiste inconnu; toutefois quelques critiques sont d'avis de l'attribuer à Bartolomeo Nason, de Murano, mort en 13'25.

Un autre bas relief en marbre, or et couleurs, représentant la mort de la Vierge, orne l'urne sépulcrale du doge Francesco

LES on in INES

Dandolo (1338) conservée aujourd'hui dans le cloître du Séminaire patriarcal. L'arc en ogiv(> qui se dessinait au dessus de l'urne était occupé par une pc.'inture sur bois, 'iue l'on peut voir aujourd'hui dans la sacristie de la Sainte; c'est un des meilleurs essais de l'art vénitien du XIV" siècle, comme un précurseur de la manière qui, dans la seconde moitié de ce siècle, caractérise le talent du peintre Catarino.

Enfin, dans la cathédrale de Dignano, en Istrie, on voit encore ([uelques restes d'une peinture de 1321, sur la bière en bois du bienheureux Leono Bembo; elle était à Venise dans l'église aujourd'hui détruite de San Sébastian o, réunie depuis à celle de San Lorenzo.

Dans ces œuvres qu'on peut placer dans le premier quart du XIV*' siècle, à une dale où dans une ville voisine, à Padoue, Giotto avait achevé son œuvre divine de la cIkipelle des Scrovegni, on ne voit rien (|ui trahisse la moindre velléité d'indépendance vis-à-vis du vieux style oriental plein de raideur.

On peut citer parmi les artistes vénitiens les ])lus hardis qui eurent leur moment d'éclat vers le milieu du XIV* siècle maître

•inii- ri.)yaK' — Li; M VHiAi.K i»i; .Sai.nte l'.ATilKRlNt; Lorenzo Veiiczi.iiio.

Paolo, et ses fils, Luca et Giovanni, Jacobeilo (latanio, Nicolô, fils de Pietro, Nicoletto Semitecolo, Stefano, curé de Santa Agnese,

( 'atarino, Lorenzo, Jacobeilo Bonomo, Albaregno, Jacobeilo Buseghella. Dans ce groupe, Lorenzo de Venise, mérite plus particulièrement notre attention. Un crit'hiue d'art éminent, M. C-antalamessa dit de lui : « (7 est peut être le meilleur peintre que Venise ait eu au XIV"^ siècle. Maître Paolo est informe; Nicola di maestro Pietro, vers la fin de ce même siècle, a fait un pas vers une conception normale de la forme; mais il manque d'expression, (latarino a de beaux accents de réalisme, et ( <avalcaselle aime à voir en lui le principe de ce mouvement repris plus tard et accentué par Carlo (Irivelli ; mais son style est grossier, et souffre trop des effets des ces ombres noii-àtres appliquées sans ménagement (^^ ».

Vonisf^. Acadomii;- Roy:ili> L'Annonciation- Loronzo Veiif>ziano.

(1) Gantalamessa, Le Reç/ie Gallerie nnzionali. vol. V.

Page 1