‹ La peinture vénitienneChapitre 15 sur 55 · II. — LA pui;.mii-:rk rknaissanci · texte numérisé non relu

II. — LA pui;.mii-:rk rknaissanci

honneur tantôt à Giambellino, tantôt :i (iarpaccio. Mais le problème tant de fois discuté paraît encore loin d'être résolu.

Vettor Carpaccio fut un des artistes les plus illustres de l'école vénitienne et on sait tiés peu de chose de sa vie. On a cru que ristrie, où Benedetto (Carpaccio, fils de Vettore, et peintre lui

Venise. Académie Hoyalr - Le So.nge he Sainte-Ursule - Vittorr Carpacn...

aussi, passa une grande partie de son existence, devait se glorifier d'avoir donné le jour au grand artiste. Mais des documents récemment découverts prouvent que Vettore naquit vers 1462 à Venise, d'une famille originaire de Mazzorbo, ilc du diocèse de Torcello. La première date de sa vie d'artiste, 1490, se trouve sur

un tableau de la Scuola Santa Orsola; la dernière, 1520, sur un tableau représentant Saint-Paul, dans l'église San Domenico à Chioggia. Il y a des documents qui nous laissent à penser que C.arpaccio vécut jusque vers 1525. Les meilleures de ses œuvres sont conservées à Venise; le tableau des deux jeunes femmes, au Museo ( ".ivico, et les peintures de la Scuola Santa Orsola, réunies aujourd'hui à l'Académie, et à la Scuola di San Giorgio degli Schiavoni, nous révèlent l'artiste, qui, rompant avec les anciennes traditions, reproduit avec un souci passionné du vrai et une admirable fidélité la magnificence de la vie vénitienne de son temps, (".arpaccio, fut dans le domaine de l'art un interprète vraiment digne du peuple vénitien à l'apogée de sa gloire et de sa puissance. Dans son désir d'innover il multiplie les épisodes, comme s'il craignait de laisser échapper quelque détail de la magnifique scène qui l'enveloppe; il arrange à la mode vénitienne les vieux récits de la vie des Saints, et il y verse la débordante allégresse que lui a inspirée ce joyeux spectacle.

Au goût des magnificences extérieures, à l'observation du vrai sous tous ses aspects et dans toutes ses formes, à l'étude des rapports que, le premier entre tous les Vénitiens, il pratiqua et comprit, Carpaccio eut l'art de joindre un profond sentiment, une inspiration délicatement mélancolique; on en trouve un exemple dans son grand tableau de la Vierge et des Saints, fait pour l'église San Giobbe, et qui est aujourd'hui à l'Académie de Venise. Ruskin avait bien raison de dire que l'homme incapable d'éprouver du ravissement en présence de ce tableau, peut être considéré comme dépourvu de la faculté essentielle de goûter les belles œuvres d'art.

Certainement Carpaccio est de tous les peintres de cette période de l'art vénitien celui que nous autres modernes aimons et étudions le plus, mais il y a de l'exagération à dire, comme Vasari, qu'il a été le chef île l'école vénitienne et que, le premier, il a fait des œuvres qui comptent. A Giovanni Bellini, plus qu'à tout autre, revient l'honneur d'avoir attiré dans l'orbite de son influence tous les artistes vénitiens, même ceux qui.

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