‹ La peinture vénitienneChapitre 28 sur 55 · IV. — LA DÉCAhENCE · texte numérisé non relu

IV. — LA DÉCAhENCE

Vérone reprise par les Véinliens en l'i:\9 au Palais des Doges; la Naissance de la Vierge dans l'ét^lise dci Santi Apostoli, el dans celle dei Frari, Saint-Awbi'oise chassant les ariem. Li pelUe Vénus, de l'Acadrmie, imitée de la Danaé du Titien, est d'un coloris extivmenienl délicat

Tiberio ïinelli eut la réputation d'un excellent peintre de portraits; il la dut à la finesse du coloris et de l'expression, et surtout à son habileté à reproduire cette délicatesse un peu molle de l'enfance dans sa fleur. Il naquit à Venise en 1586 et il reçut les premiers principes d'art de Contarini, puis de Leandro Bassano, dont il fut le fidèle imitateur; on peut constater à maintes reprises la forte impression que les portraits d'Antoine Van Dyck produisirent sur lui; et il semble indiscutable ([ue (lontarini prit le peintre flamand comme modèle, avec l'ardent désir de lui ressembler. Il mourut en 1638. De Tinelli nous voulons rappeler deux beaux portraits conservés à Venise, un portrait d'enfant à la Galerie Querini Stampalia, l'autre à l'Académie; ce dernier représente Luigi Molin, mécène de l'auteur.

Girolamo Farabosco et Pietro Bellotti eurent aussi une grande réputation comme portraitistes, et ils eurent de nombreuses commandes. Leur genre était affecté et précieux.

Venise. Galerie Querini Stampalia — Lnconnu Tiberio Tinelli.

LA PEINTURE VÉNI'IIENNE

Dans la chapelle majeure de l'église de San Giovanni Elemosinario une Adoration des Mages, peinte à grand fracas d'ostentation, saute aux yeux du visiteur. C'est l'œuvre de Carlo Ridolfi, né à Lonigo en 1602 et mort en 1658. Mais Ridolfi doit plutôt sa renommée à sa plume qu'à son pinceau. Vasari, préoccupé presque uniquement de la gloire des peintres toscans, n'avait consacré qu'une petite partie de son œuvre, souvent pleine d'inexac-

Venise. E^lisp do San Giov. Eleniusinario - Adoration des Mages — Carlo Ridolfi.

titudes, aux autres peintres italiens. Ridolfi eut, le premier l'idée de donner l'exemple d'une histoire de l'art par région, et il publia en 1648: Le Meraviglie deU'Arte, ovvero le Vite degli illustri pîlttn'i veneti e dello Stato. Sans doute il lui est arrivé, en parlant des origines de la peinture vénitienne, de commettre mainte et mainte fois des erreurs de fait et de jugement; mais, en revanche, c'est un historien sincère et précieux par l'abondance des renseignements, quand il parle d'hommes et de temps plus voisins de lui.

A cette liste des noms des peintres les plus renommés de leur temps, on peut en joindre beaucoup d'autres moins connus, qui

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