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A vrai dire, sur le drcliii du dix-seplième siècle, on peut sij^nialcr un mouvenaont de retour aux i^rands modèles du seizième; mais on obtient mal la tache puissante du Tinloret en opposant aux ombres épaisses dos j(>ts de viv(! lumière; on croit imiter la manière de drapei- lari^e et sinueuse du Titien avec des plis vidgaires et prétentieux; on veut égaler la spontanéité merveillense des mouvements du Véronèse avec des altitudes couvuIsi'mïs et contournées. La pompeuse aliectation des formes dissimule mal une pensée mesquine, l'imagination se laisse emporter à toutes les extravagances, et on no voit plus, comme chez les maîtres de
Vi-'iiisr. Piiiai.s (].■> Doges - Le \'E\v dur - Aiidioa Colosti.
l'âge précédent, la couleur devenir un ('lémeut intime de vérité; elle s';uTête à la siuface. C'est le délire de la décrépitude!
Les principaux peintres v<''nitiens avec lesquels se ferme le dix-septième siècle et s'ouvre le siècle sniva:it sont (Iclcsti, l'alestra, Zanchi, Fumiani et Bambini.
Les qualités et les défauts du véniticu Andréa Ccdesti (1637-1700) éclatent surtout dans deux tableaux, ec^ux qui représentent Moïse et le Veau d'or oX qui oriieut dans le Palais des Doges la salle de la Quarantie.
L'élégance des lignes, ]c ton frais et décidé, la vivacité joyeuse des teintes qui distinguent les compositions de Celesti, on
LA PEINTURK VENITIENNK
les chorcherait vainement chez son contemporain Anionio Zanchi d'Esté (1639-1722); chez celni-ci, rinvenlion a de la vnlgarité, le dessin est négligé, sinon incorrect, les teintes monotones. Mais on ne sanrait refnser à col artiste la facililé et la variété des conceptions, la viguenr et la décision dn pincean, le charme des personnages, en dépit de Icnrs postnrrs difficiles et artificielles.
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\cï\Uc\ S(;uola Ji San Roceo - La peste de 1630 - Antùiiiù Zandii
(3n peut voir, comme exemples, le Martyre de Saint- Antoine à Santa Maria Zobenigo, et V Enfant prodigue à l'Académie; et, avani lont, le plafond d'mie des salles d'en hant de la Scnola di San Girolamo, aujourd'hui Ateneo Veneto.
En 16G6, Zanchi achevait ponr la Sciiola di San Rocco un grand tableau représentant la Peste de idSO, et sept ans plus tard, son rival Pietro Negri, peignait là aussi, près de cette première toile, sa Venise délivrée de la Peste. Lorsqu'après avoir considéré la composition ampoulée et les personnages flasques de
T. A liltCAIlKNCK
ces deux tableaux, ou arrête son regard (oui autour de la salle, sur l(^s porsoiiiiages du Tiiilorot, qui ont sans doute [)arfois dans leur faeon de se draper el dans leur atliludo quelque chose
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Venise. Scuola ili San Huccu — Ve.msi-: niii.ivui.i; di-; i.a i-i;sie - l'iotro Nogn.
d'étrange, mais loujours une alluie vigoureuse el superbe, ou saisit comme dans une claire vision la rapide décadence de l'arl vénitien en moins d'un siècle !
l'armi les œuvres de celle époque, si peu soucieuse de connaître et de discerner le beau, un peintre arrête ratlenlion, Giannaulonio Fumiani (1643-1710). Formé à l'école de Hologne, cet artiste n'a produit que des œuvres froides et insipides; il n'y a en sa faveur qu'une exception: l'immense plafond de l'église San Pantaleone, où il représenla la gloire du Saint martyr; en dépit de beaucoup d'exubérance el de confusion, il lit preuve
dans cette œuvre d'une imagination frconde et d'une manière large, grandiose et hardie.
Ce sont au contraire les joyeuses peintures de Liberi qui fournirent son inspiration au chevalier Nicole Bambini (1651-1736). Les tableaux de Bambini, colorisie pâle, mais plein d'élégance dans les formes et de grâce dans la composition, sont un vrai régal pour l'œil et pour l'imagination. Sur les toiles de Liberi, de (<elesti et de Bamhini, les Saintes du paradis chrétien et les divinités de l'Olympe mythologique saluent d'une même expression gaie et insouciante la fin du siècle vieilli et annoncent à l'art des jours plus riants.
Venise. Édise de San Pantalcone - Détail du Plafond — Fuuiiani.
Venise. Eglise de San Pietro di Castello - La Charité de Saint-Lal'RE.nt Gilstimam
Gregorio L.izzarini.
Le dix-huitième siècle
Il convient, croyons-nous, d'ouvrir ce siècle par le nom de Gregorio Lazzarini ; non pas seulement parce que ce peijitre, né à Venise en 1(354, moiiiiit ti'és-vieux et vécut prés de ipiai'anto ans au dix-huitième siècle, mais parce que c'est lui (]iii véritablemenl ouvre à l'art une voie nouvelle. Une crili(|iie prompte à l'enthousiasme appelle Lazzarini le Raphaël de l'école vénitirnuc; laissons de côté ces comparaisons hyperboliques qui ont la prétention de tenir lieu de jugements; il n'en est pas moins certain que Lazzarini sut donner au dessin maniéré et contourné de ses prédécesseurs une allure nouvelle en le mettant à l'étude du vrai; et si, comme coloriste, il se montra insipide et froid, il n'en eut pas moins le mérite de délivrer la peinture des impri-