‹ La peinture vénitienneChapitre 30 sur 55 · IV. — r..\ hÉCAnKNTIK · texte numérisé non relu

IV. — r..\ hÉCAnKNTIK

de sa famille; la tradition vulgaire vciil qu'on l'ait nppel<' Liheri^ à cause de la licence de ses mœurs et du caractère de son œuvre artistique. Il voyagea en Italie, rtudiant les maîtres de toutes les écoles, et en Allemagne, où il amassa de grandes richesses et où il obtint de grands honneurs, entr'autros les litres rie chevalier et de comte. Mais Venise l'attirait, Venise, la patcie ifléide de toute âme amoureuse de la beauté; et, sur les dessins du Mo-

Venise. l'alais des Dngos — L\ lîATAn.r.i-: di:.s Darda.xeli.iîs — Pietro Liberi.

lentin Sel)asliaiio Mazzoni, il se lit construire sur le Gi'und (lanal, à San Samuele, un vaste palais, qui devait être acquis dans la suite par la famille patricienne Lin. C'est là que Liberi passa joyeusement le reste de sa vie; il la prolongea Jusqu'à l'âge de quatre-vingt deux ans. Plein de sève jusqu'à la tin, il mania le pinceau, prenant plaisir à faire sourire sur la toile des Vénus provocantes dans la blancheur grassouillette de Icîurs chairs, et des divinités qui faisaient valoir leurs muscles dans des contoisions prétentieuses, avec un art qui éblouit et ne réchautle pas, cpii grise et ne touche pas; il n'en r(\spire pas moins cette joyeuse gaieté qui donne tant de charme à la mythologie dans ses plus agréables imaginations. Il traita aussi avec la même facilité et la même fécondité jusqu'à des sujets sacrés, et il en orna de nombreuses églises de Venise: par exemple Y Invention de la Croix

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à San Moisè; Le châtiment des serpents à San Pietro di Castello; Saint- François Xavier aux Gesuili; Venise aux pieds de Saint- Antoine à la Salute; Saint- Albert aux Carmini, etc. On considère comme son chef d'œuvre, la Bataille des Dardanelles^ dans la salle du Scrutin au Palais des Doges. Sur celte toile on voit un esclave nu gigantesque qui frappe un Turc. Cet épisode a fait désigner le tableau sous 1(? titre de VEselave de Liberi.

D'autres cités de la région de Venise eurent, au XV!!*^ siècle, un certain nombre de peintres qui ne s'élevèrent pas audessus de la médiocrité: Vicence, les trois fils de Giambattista Maganza, mort en 1589; Bassano, Giambattista Volpati et ses élèves Trivellini et Bernardoni.

A Vérone, où l'école d'Antonio Badile (1480-1560) avait produit Paolo et le Zelotti, les bonnes traditions se conservaient ; deux peintres féconds et d'une riche imagination, Domenico Ricci (1494-1567) surnommé Brusasorci, et son fils Felice (1605) furent les maîtres de Claudio Ridolfi, Giambattista Amigazzi et Benedetto Marini. Alessandro Turchi, dit VOrbetto, et Pasquale Ottini sont les plus connus. Le premier de ces deux artistes fut le plus remarquable; il mérite qu'on lui consacre quelques lignes, moins pour ses tableaux d'autel, d'ailleurs peu nombreux, que pour ses petites peintures sur ardoise, traitées avec infininement de finesse, et très-recherchées, surtout à Rome. Ce sont presque toujours des scènes de nuit, avec de beaux effets de lumière, de lanternes ou de torches, pleins de fantaisie dramatique.

Pendant ce temps, Venise, asile sûr pour les artistes, voyait venir à elle de toutes les parties de l'Italie et d'au delà des monts des peintres de paysage, de batailles, de perspectives, d'animaux, de Heurs, de fantaisie; le nombre en est si grand que la seule énumération en serait monotone et fastidieuse. C'est le temps où, comme le remarquait judicieusement Anton Maria Zanetti, l'historien de la peinture Vénitienne, il y avait autant de manières que de peintres. Ample et vigoureuse végétation, dans laquelle de rares fleurs sont étouffées et cachées sous les pousses parasites et les mauvaises herbes !

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