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tique entre Tiopolo et Piatti, qui était si inférieur à 'son contemporain Piazzotta. Pour trouver à Tiepolo des maîtres et des rivaux, il faut remonler de deux siècles en arrière, jusqu'à l'époque des grands triomphes de; la couleur avec le Titien et Paul Véronèse. Dans l'époque qu'il fait sienne, Tiepolo inaugure uni' technique nouvelle avec de nouvelles conceplions. Il oui à la fois la vigueur du corps et la vigueur de la pensée; doué d'une activité prodigieuse, il a laissé un grand nombre d'œuvres, non seulement dans sa ville natale, mais à Udiiie, à I >ergame, à Vicence, à Milan, à Vérone, à Padouc; hors de l'Italie, à Wùrzbourg et à Madrid. Le Calvaire de l'église Sant'Alvise à Venise, œuvre qui inspire à la lois la dévotion et la surprise admii-alive, aussi bien que la Vierge dans sa fjloir'' à la Scuola del Gaïuiinc, composition qui enchante l'àme et séduit les yeux; la Sainte-Lucie àa l'église (les Santi x\posloli, chef d'omvre de sentiment, le Saint Patrice du Musée de Padou(>, «jni attire les regards par la gaîté du coloris et la Dernière Cène de Jésus dans la cathi-dialf de !)•'senzano, d'une nouveauté d'invention admirable; la Conception du Musée de Vicence et le Miracle de Saint-A)itoifie âan^ Vvii\\<'(\ de Murano; l'admirable Saintr-Rose de l'église de Simia Maria del Rosai'io aux Zaltcrc, et la Iragique scène iU} Sainte-Tède au milieu de pestiférés dans la cathédrale d'Esté; les deux Sai72fs Capucins de la Galerie de Parme et le Châtiment d('s Serpejits à l'Académie de Venise ; les deux petits tableaux de genre du palais des comtes Papadopoli à Venise et les savants dessins, les eaux fortes pleines de fantaisie; eu un mot, toutes les iruvres qui sont sorties de cette main riche en miracles méritent l'admiration de quiconque a quelques principes d'art, des profanes euxmêmes, de tous ceux qui ne font appel pour juger qu'à un sentiment secret et ému du beau, A la peinture de chevalet Tiepolo préférait les triomphales et majestueuses apothéoses, les gloires des Saints, les œuvres peintes à fresque sur de vastes surfaces. Ses fresques sur les voûtes des églises des Scalzi, de la Pietà, des Gesuati à Venise, sur les plafonds des palais Pisani à Strà, (^lerici à Milan, Ganossa à Vérone, sur les murs des palais
J.A l'KINIl'HK VENITIENNE
Labia à Venise et Valmarana à Vicence, dans les résidences royales de Wûi'zbourg et de Madrid témoignent de la fécondité inépuisable de son imagination, de la sûreté de sa main, de la décision de son dessin ; elles donnent la mesure du génie du peintre.
Assurément, nous le dirons encore, si grand, si original qu'il soit, un artiste ne peut jamais s'alfranchir non seulement de
Wiiizliouri:. Château - LES .NOCES de FRÉDitRic Barberousse — G. R. Tiejiolo.
son temps mais encore de (jiielque iiidiience du passé; aussi convient-il de reconnaître que le génie de Tiepolo se nourrit principalement des exemples de Paul Véronése, dont il aimait la magnificence, le sens de la décoration et l'ample ordomiance des groupes où l'air joue librement. D'ailleurs, Zanetti, contemporain et ami du peintre, nous informe que, dés son adolescence, il aima et copia passionnément les peintures du grand Paolo. ('/est ainsi qu'une puissante voix du passé faisait vibrer à son tour une àme moderne et l'amenait à réaliser d'une fa-