VII. — r, ART ^■()^vl•:AU
le soir, Entre oui et von, Ap^-ès la messe, La chute des feuilles, Amours cVnmes; tous robustes de couleur et précis do d(;ssiii. Il faut citer du second, qui est en même temps un excellent décorateur, quebiues tableaux et plusieurs portraits peints d'un pinceau vigoureux.
Les Expositions internationales de Venise, une des entreprises faites en Italie qui ont le plus heureusement réussi, ont eu, entre autres avantages, celui de faire mieux connaître aux peintres italiens la conception artistique et les tendances le plus audacieusement novatrices de l'ait moderne ; mais elles ont eu
CiiUTj; DES FEI'ILLKS — Aiii-'elu Dali" Oc:i Biama.
aussi le .^rave inconvénient de mettre nos jcimes artistes au courant des idées, des conceptions, des exemples de la peinture du nord, si vague, si nuageuse.
L'originalité de tel ou tel art du nord se manifeste spontanément, son caractère imprécis et voib' trouve une inspiration sincère dans les nuages gris, les landes pâles, les retlets tristes du pays ({ui l'a vu naître. Cet aspect de la nature, avec sa poésie mélancolique, rendu avec une interprétation naïve de la réalité, a exercé une action puissante sur certains peintres vénitiens ; et ils se sont imaginé qu'ils réussiraient mieux à rendre certains aspects
T. A PEINTURE VltN [TIENNE
suaves et poétiques du paysage, en atténuant, en décolorant, en voilant de nuages l'exubérante nature italienne.
Mais devant quelques récents tableaux de Pietro Fragiacomo
qui, malgré tout respirent toujours l'intimité poétique du paysage vénitien, devant certaines toiles de Guglielmo Ciardi, qui nous rendent toujours avec vigueur la ville des lagunes, on en vient à revoir en pensée, à désirer cet air radieux, qui enveloppe comme d'un nimbe de splendeur la superbe Venise, reproduite déjà avec \u\ incomparable talent sur cent autres toiles lumineuses, peintes par ces deux artistes avant (|u'ils n'aient subi l'inlluence du nord.
Artiste viril, Ciardi sait rendre la forte poésie de la réalité, soit qu'il retrace les monuments vénitiens, ou les larges pages virgiliennes des campagnes de Trévise, ou les bourgades pittoresques suspendues aux lianes des Alpes dolomitiques, dans le silence profond des forêts.
Quant à Fragiacomo, il est tout plein des suggestions de l'imagination et du sentiment, (jui ne peuvent s'exprimer avec des paroles. Nul mieux (|ue lui ne comprend le sens caché des choses, l'effet d'un coucher de soleil et du soir sur les lagunes, les alternatives, les contrastes, les harmonies des jeux de lumière et d'ombre, qui réveillent dans le fond de notre âme de douces sensations qui y étaient comme assoupies.