‹ La peinture vénitienneChapitre 7 sur 55 · I. — LES OU ICI NES · texte numérisé non relu

I. — LES OU ICI NES

nitien Jacopo de'Baibari ne fît un voyage en Allemagne, les œuvres de Van Evck étaient connues à Venise, non moins que celles

de Memmling, de Van Ouvater, de Van der Weyden, de Gérard de Haarlem. En 1444, Jean d'Allemagne collabora avec Antonio

LES ollKWNES

\ivariiii; el Antniirlld de Mossiiic, m'- en 1414, imilateiir passionné deir arie ponenlina, ilcnicnni (|iu'Ij|ii(' Uîinps à Venise en 1459 o.

Rovigo. Musée — SAiME-Lur.iK — Quiri/io du .Mur;ino.

La grande loilo de .Ican d'Allemagne et d'Antonio Viva rini achevée en I4i6, représentant la Madone snr nn \vn\u\ entonrée de qnatre doctenrs de l'Eglise, nous révèle déjà tout le charme du coloris vénitien, uni à l'austérité du chaste génie du

(t) On a dit Pt roail qu'Antoncllo ét.iit •"lié on Klandre pour y éluiJior If nouveau procédé do peinture à Thuile de Van Eyck, et que plus tard il l'enseigna lui-même aux v.-nitiens. La critique rhoderne a fait justice de celte légende, en s'appuyant sur des raisons d'ordr.' artistique et historique. (Cfr. G. Mohelli. L- opère dei maestri Ualiani nelle Gallerie di Gern,aHia, pag. 38G et suiv., trad. Bologne, Zanichelli 1830). A Venise, le premier qui eut le prinlèse d'imprimer fut, on 1469, Jean de Spire, qui avait é|iousé en 14,59 Paula, fille d'Antonio de Messine. M. Ludwig croit que cet Antoni. n'est autre que le célèbre Antonello, Cfr. Lur.wio, Antonellodn Messina und Deutsche und Niedcrlandische Kunstler in Venedig ; Deiheft z. Jahrbuch der K. Preuss Kunstsamml. 1902).

nord. I^es raides personnages hiératiques des mosaïques byzantines font place aux apôtres et aux saints, aux chappes brochées d'or, aux vêtements rouges d'un ton vigoureux, qui annoncent déjà toute la splendeur du coloris futur.

Le tableau de ces deux mêmes artistes qui représente le Paradis est aussi une œuvre très remarquable. Il fut peint à la demande de Francesco Gritti, curé de San Pantaleone, en 1444.

Il est conservé aujourd'hui encore dans cette même église, à Venise; on peut en voir à l'Académie une copie laite par Michèle Giambono pour l'église de Sant'Agnese, avec la signature ai)Ocryphe d'Antonio de Murano et de Jean d'Allemagne. La coopération d'Antonio et de Jean a laissé une u'uvre fameuse dans les polyptiques de la chapelle de San Tarasio, dans l'église San Zaccaria. Pour liien apprécier le mérite d'Antonio quand il travaille seul, sans la collaboration de Jean, il faut tenir compte de l'admirable polyptique du musée de Latran (1469) ; et pour le voir comme il convient, en communion d'art avec Bartolomeo Vivarini, il faut le chercher à Bologne, dans le grand tableau qui fut autrefois à C.ortone, et qui est aujourd'hui au musée de la première de ces deux villes. L'éclatante Adoration des

Venise. Eglise San Pantaleono — Le Paradis Jean d'Allemagne et Antonio Vivarini.

LES ORTGrNES

Mages d'Antonio Vivarini (autrefois au palais Zeno, à Venise, aujour<riuii au musée de Berlin) fournit en quelque sorte la preuve magistrale des rapports entre ce peintre et Gentile da Fabriano, dont il s'est inspiré.

Mais plus que tout autre, le vénitien Jaeopo Bellini fut un partisan passionné et un disciple enthousiaste des méthodes artistiques de Gentile da Fabriano.

(l'est du nom de Jaeopo que sont signés les débuts lumineux de la peinture vénitienne ; M. ( <antalamessa l'appelle avec raison il capitano délia schiera porfe)!tosa.

On sait peu de chose de la vie de Jaeopo, qui naquit vers 1400 et qui mourut probablement vers 1470. Son père travaillait l'étain; son testament de !4'24 nous apprend qu'il s'appelait Nicole. En 1453, Jaeopo suivit à Florence son maître Gentile; là dans une rixe il lui arriva de rosser un certain Pernardo di ser Silvestro di ser Tommaso; il fut de ce chef condamné à la prison, jusqu'à ce que son advei-saire eût généreusement fait la paix avec lui. M. Adolfo Venturi émet des doutes sur ce voyage du jeune peintre vénitien à Florence avec Gentile; il en donne pour raison que, dans le document où est fiiite cette déclaration de paix, Jaeopo est appelé fils de Pietro, et non de Nicolô. Mais M. ( ian-

Voni^f. Aondémip Royal<^ — .Iksus a la colonne Antuiiello il:i Messhia.

talamessa oppose à M. Venturi les meilleures raisons ; il ne saurait admettre que l'authenticitô d'un récit aussi ancien, reproduit par tant de biographes, puisse être mise en péril par une simple différence de noms, qui n'a été sans doute qu'une erreur de plume du rédacteur du document.

Padoue. Musée — POLYI'TIQUE — Amlrcn Squarciono.

En 1420, on retrouve Jacopo à Venise, marié à Anna; cette femme originaire peut-être de Pesaj-o, lit alors son testament, sous la menace, semble-t-il, du danger de mort auquel elle se crut exposée dans sa première grossesse. Ce point a une grande importance pour la biographie des enfants; il en résulte en effet qu'ils vinrent au monde deux ou trois ans après la date admise jusqu'ici. Quand son premier fils naquit, Jacopo lui donna le prénom do Gentile, en souvenir de son affection pour son maître bien aimé. Le second fils, Giovanni, dont on place toujours la

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