I. — LES OlilCINRS
naissance en i4'28, ne peut pas avoir vu le jour avant 1430, au plus tôt ^^\
En 1436, Jacopo fut appelé à faire des peintures à fresque clans la cathédrale de Vérone, et à Ferrare, à la dennande de Lionello d'Esté; dans cette ville il fut en concurrence artistique avec Pisanello, et il eut le grand honneur de sortir de la lutte à son avantage. Il séjourna assez longtemps à Padoue, e1 en 1460, il fit, avec le concours de ses deux fils, le tableau d'autel de la chapelle Gattamelata , dans l'église du Santo. A Padoue, il avait épousé en 1453 Nicolosia, fille d'Andréa Mantegiia (1431-1506) et il eut avec ce grand Venise. A.a.iLi„i
(I) Cantalamessa; r.'Arte di Jucopo D<-llini, Viïnezi.'i, Fontan;i, 189G.
artiste des relations d'étude et d'art. Ces deux grands maîtres, par un échange fécond de vues et de conseils, donnèrent un nouvel aliment et une force nouvelle à leur génie dans une ville où l'art produisait tant de merveilles. En 1444, Donatello était arrivé à Padoue; il y resta dix ans, et pendant cette période il consacra son talent à la statue équestre de Gattamelata et aux bronzes de Sant'Antonio. Vers la même époque, à Padoue, sa ville natale, on voit se développer la carrière d'un autre artiste, Francesco Squarcione (1394 -1474). On ne connaît de lui que deux tableaux authentiques: La gloire de Saint-Jérôme, au musée de Padoue et la Vierge du nmsée de Berlin; œuvres médiocres, dont on s'explique mal la grande influence sur cette évolution de l'art, qui devait transformer les conditions de la peinture et aboutir, avec Mantegna, à son complet développement et à la souveraine ex(;ellence. Mantegna devait montrer avec évidence tout ce que peut le génie, fortifié par l'observation du vrai et l'étude sévère de l'antiquité; la preuve en fut faite dans les tableaux conservés à San Zeno de Vérone, aux musées de Venise, de Milan, de Florence, de Naples, et dans les fresques de l'église degli Eremitani à Padoue et du palais des Gonzague de ManLoue; c'est aussi pour les Gonzague qu'il dessina le célèbre carton du Triomphe de César.
C'est dans ce milieu padouan que l'œuvre de Jacopo P)ellini se développe et se perfectionne. On n'a aujourd'hui qu'an petit nombre d'œuvres de ce grand artiste.
Le musée de Vérone possède un crucifix, de grandeur naturelle, signé opM.s' Jacobi Bellini. Le dessin en est sec; les plis reproduisent la manière de Giotto; mais l'expression du visage du Nazaréen est pleine de douceur. La toile peinte à la détrempe, qui représente la Vierge et l'Enfant, est une œuvre d'une plus grande importance; elle était autrefois à Venise au couvent des religieuses du Corpus Domini; elle est aujourd'hui à Lovere, au palais Tadini. Un autre tableau, qui appartint jadis aux religieuses de Santa Maria degli Angeli de Murano, est aujourd'hui à l'Académie de Venise.
On sait que Jacopo laissa aussi de ses œuvres dans la Scuola