LE DESSIN DE PAUL POTIER
l’essence même de l’art, et commençait, dans la rigueur de ses définitions, à laisser pénétrer un peu le sentiment. Le Repos près de la grange (1653), de la galerie d’Arenberg, son testament et son chef-d’œuvre, est une
page délicieuse de tendresse, d’intimité, et comme d’humble grandeur.
C’est une des âmes d’artiste les plus charmantes de sa race, une âme réservée, virginale, un peu triste, à en croire son pâle et beau visage ; un maître précoce, sagace, ayant tout son génie à vingt ans, mort avant d’avoir pu savoir tout son métier ; un laborieux, qui resta apprenti jusqu’au