‹ La peinture, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 152 sur 391 · LA NATIONALISATION DE LA PEINTURE ESPAGNOLE · texte numérisé non relu

LA NATIONALISATION DE LA PEINTURE ESPAGNOLE

Origines et Renaissance. — La peinture espagnole est la dernière école née de l'ancienne école flamande.

Jusqu’au xvne siècle, l’Espagne n’a pas eu de maîtres originaux. Jan van Eyck, dans son ambassade de 1428, s’en empare et la garde. Pour cent ans et plus, de Barcelone à Séville, du retable de Luis Dalmau, un plagiat de Y Agneau mystique (1445), à la Descente de croix de Pieter van Kempeneer (1548), un chef-d’œuvre âpre et dur, devant lequel, dit-on, Murillo aimait à rêver, la peinture en Espagne n’est qu'importation flamande, vulgaire contrefaçon locale. La métropole se traîne à la remorque de la colonie. Longtemps plus opiniâtre y persista le moyen âge. Joanès (1507?-1579), en dépit de ses fadeurs romaines, Moralès (1509-1686) , un Metsys grimaçant et baudelairien, un fabricant d’icônes suppliciées, névrosées, sont vraiment les derniers gothiques. Les portraitistes officiels, élèves de Moro, les Sanchez Coello (1 515"?-1590), les Pantoja de la Cruz (1551-1610 ?) sont des talents antiques, neutres, protocolaires, grands brodeurs, grands orfèvres, grands héraldistes. Rubens, en 1603, se rira bien de ces fossiles.

Dans ces conditions, la Renaissance d’Espagne n’est qu'un succédané de ce qu’on a vu ailleurs. L’est la morne, l’ennuyeuse histoire (b* tous les italianismes. Aux noms près, on se croirait en Flandre, moins la

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