‹ La peinture, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 230 sur 391 · EU STAC HE LE SUEUR · texte numérisé non relu

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rare chez nous, d’un récit hagiographique à la manière du moyen âge. Le principal mérite en est une certaine douceur, une grande simplicité d’imagination, une candeur élégante de diction, d’atmosphère et de draperies, le dépouillement de l'accessoire, le petit nombre des timbres, surtout la ferveur et le prix des physionomies. Pourquoi faut-il que tout cela soit si mal peint ? Ali ! les bleus de Lesueur ! Mais le xvii* siècle pardonnait tout à l’expression morale et à la piété des têtes.

C’est là en effet le meilleur du génie de Lesueur. Beaucoup plus que

Cliché lUiesiensivi.

Sébastien Bourdon. — Bacchanale. (Musée d’Avignon.)

dans ses grands tableaux, tels que le Saint Paul à Ephèse, qui fut le « May » de 1649, on le trouve dans des œuvres modestes, où cet homme de (aient aimable, frêle et un peu malingre, laissait parler son sentiment, sans se préoccuper d’un programme. Le vrai Lesueur est celui de la Descente de Croix , d’un rythme si doux, comme amolli de larmes navrées ; celui de la Vision d’Agar, surtout de la Sainte Véronique, une composition de rien, toute enfermée en quelques lignes timides, avec son coloris « d’une si touchante pâleur » [Gautier) .

La même note blonde et déjà prudhonienne se retrouve a ses charmanies Muses peintes pour I hôtel Lambert, en leurs formes souples et

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