LA FONDATION DE L ACADÉMIE
Sébastien Bourdon. Lesueur. — - « Voilà Vouet bien attrapé ! » aurait dit Louis XIII à I' arrivée de Poussin. En effet, Vouet ne s’en releva pas. Mais ce n'est pas Poussin qui profita de la situation. Après le départ de l'artiste, il se produit un interrègne : l’école française va essayer de plusieurs chefs, avant de tomber sous la dictature de Le Brun.
Un de ceux qui avaient le plus de chances était Sébastien Bourdon (1616-1671). C'est lui qui fit le « May » de 1643. C’était un des artistes les mieux doués de son temps, un des plus ambulants et des plus versatiles, — un garçon qui peignait une voûte à fresque à quatorze ans (on reconnaît ici l’enfant de Montpellier), qu’on retrouve ensuite à Paris, à Rome, à Stockholm, faisant de tout, genre et histoire, dévotion et allégorie, et passant de Bamboche au Guide et à Poussin. Dans tous les genres, dans lous les tons, il était également agréable et brillant. Rien ne lui coûte, et c’esl dommage : il est la victime de cette facilité. Mais il a le charme; quelquefois, il est irrésistible. Deux ou trois portraits, comme son admirable portrait du Louvre, ou Tardent Fouquet de Versailles, étonnent, dans la galerie compassée duxvu0 siècle, par la passion, la poésie : ce sonl des portraits de Bourdon. C’est le premier des méridionaux de la peinture française, qui devaient y faire plus tard une si belle fortune. Il est venu cent ans trop tôt. Vers 1760, il aurait été un rival sérieux pour Fragonard.
En 1643, les chartreux de la rue d’Enfer commandèrent les peintures de leur cloître à un jeune peintre de vingt-huit ans, un élève de Vouet, déjà connu par de nombreux travaux dans la société parisienne, Euslache Lesueur (1617-1655). L’œuvre, aujourd’hui au Louvre, était achevée en 1648. Elle comprend vingt-deux scènes de la Vie de saint Bruno.
Célèbre, trop célèbre, cette longue légende a surtout l’intérêt, assez