CONTEMPORAINS DE HOGARTH
rail une matière immense. Son influence s’étend bien au delà des limites de la peinture de « genre ». Reynolds ne parle de lui qu'avec gratitude et respect. Hogarth a. en effet, débrouillé ses compatriotes et les a affranchis de la servitude étrangère. 11 avait succédé à son beau-père Thornhill à la tête de I école de Saint-Martin’s Lane. A sa mort, le matériel de 1 établissement, plâtres, moulages, etc., fut racheté par Reynolds, et devint le mobilier île l'institution plus régulière qui allait se fonder 171)8) sous le nom de Royal Academy. Tel est bien le rôle de Ho gartli : son œuvre constitue la première mise de fonds de la peinture anglaise.
Le portrait au temps de Hogarth. Ramsay. — Cependant, autour de ce grand initiateur, les autres genres ne chôment pas. Le portrait en particulier compte quelques noms honorables : ceux de Joseph Highmore (1692-1780), l'ami de Richardson et le peintre expéditif des business-men de la cité ; Georges Knapton (1698-1775), le premier peintre en litre de la société des Dilettanti, et l’auteur d'une des premières relations d’Herculanum Thomas Hudson (1701-1779) et Francis Heyman (1708-1776) doivent surtout leur célébrité au fait d’avoir été respectivement les maîtres de Reynolds et de Gainsborough.
Le meilleur sans contredit de ces peintres un peu sacriliés esl 1 Ecossais Allan Ramsav 1713-1784 ’, le fils du charmant poète du Gentle Shepherd. C'était une nature délicate et inquiète, qui se résume dans le titre de l’essai qu'il publia en 1762 : Y Investigation. Ramsay est un de ces esprits utiles qui se cherchent, et à qui il n'appartient pas de trouver la fortune ni la gloire. Il lit à quatre reprises le voyage d'Italie, connut Johnson, Rousseau, Voltaire, et leur plut par sa modestie et sa délicatesse. Ce n’est guère qu’à Edimbourg qu'on peut connaître son art effacé et discret, ses jolies teintes grises aux ombres transparentes, son air de distinction un peu froide et sérieuse. Le portrait de sa femme, dans sa gamme bleu et lilas, est d'une grâce de sentiment qui. en dépit de sa facture un peu fragile et mince, a pu faire penser à Chardin.
Tous ces peintres préparent les voies à de plus puissants qu’euxmêmes. Hogarth, avec sa verve géniale et son nationalisme étroit, a rendu à l'école la fierté d'être elle-même, le fécond sentiment de son indépendance ; il reste à lui donner ce qui lui manque encore, une méthode, et surtout la notion de T « art ». C’est ce que xont faire désormais chacun à sa manière, Reynolds et Gainsborough : mais il serait injuste