‹ La peinture, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 334 sur 391 · LES DERNIERS PORTRAITISTES · texte numérisé non relu

LES DERNIERS PORTRAITISTES

Vogue ou poutrait. — L’échec de cette diversion eut des conséquences importantes. Supposez que Benjamin West fût un homme de génie : vous auriez en Angleterre, en 17‘.t2. le « pendant » de ce qui sepasse en France, une réaction idéaliste et académique vers le « style » Tout était prêt, autant que chez nous, pour un tel résultat. Qu’a-t-il manqué au mouvement pour réussir et s’imposer? Il lui a manqué un David, et l'autorité de quelques chefs-d’œuvre comme les Saisines, les Aigles , Aboukir et Jaffa.

Faute de quoi, 1 école officielle ne devint jamais populaire et ne réussit pas à avoir l’opinion pour elle. Le public en masse revint à son genre favori, le portrait, ou plutôt ne cessa jamais de l’encourager: aucune tradition nouvelle n’intervint pour changer des habitudes fixées par Reynolds et par Gainsborough, et leurs successeurs continuèrent aies suivre sans interruption.

A aucun moment, en effet, la « demande » ne se ralentit ; et il se trouva toujours une foule de talents à point nommé pour y répondre. Une merveilleuse école de graveurs, dont le plus connu est l’inventeur du pointillé, Bartolozzi (1727-181’’)), donne aux œuvres des peintres une célébrité nouvelle, et contribue encore à cristalliser le genre dans ses règles classiques. Il y a désormais une formule anglaise du portrait, presque aussi absolue, dans sa liberté apparente, que la formule espagnole ou la formule française. On la définirait : bourgeoise, pittoresque et décorative. La poétique du sujet commande des attitudes et des toilettes familières, avec affectation de naturel et d’aisance, dans un ordinaire décor de plein air et de paysage. Ainsi les principales données de l’art du xviue siècle survivent en Angleterre trente ou quarante ans plus tard que dans tout le reste de l’Europe. La grande île solitaire échappe ainsi aux mouvements qui renouvellent à cette époque la peinture continentale.

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