‹ La peinture, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 343 sur 391 · AUTOUR DE WINCKELMANN · texte numérisé non relu

AUTOUR DE WINCKELMANN

La peinture allemande. Conditions et milieu. — On ne peut pas tout avoir. L’Allemagne, depuis le xvu° siècle, est entièrement occupée par une fonction spéciale et par le développement d’une faculté monstrueuse. Elle crée la musique, s’absorbe dans la construction de 1 univers sonore. Ce don qu'elle nous a fait équivaut aux plus merveilleuses trouvailles de l’intelligence humaine. Elle agrandit notre planète d'un empire ignoré. Cela suffit à sa gloire. Seulement, cet effort l’épuise tout entière et ne lui laisse aucune pensée pour ce qui n'est pas la lyre.

C’est Tunique raison pour laquelle Dürer, Grünewald, Cranach, Elsheimer, n’ont pas de successeurs. Les guerres et la politique n’auraient rien empêché; mais tous les talents disponibles, tout ce qu’il y a dans la race d’imagination flottante et de rêves eu suspens, se tournent vers la musique, qui se nourrit ainsi de toute la substance qu elle ôte aux autres arts.

Et ce serait très bien, si le prestige de ces mêmes arts et leur éclat à 1 étranger n’engageaient par malheur à peindre une foule de pauvres diables que le ciel destinait à de tout autres métiers. Les princes allemands n’ont que trop encouragé les Muses! On trouverait fort bon qu’il n’y eût point du tout de peinture allemande ; mais qu’il y en ait une, et qu’elle soit si médiocre, c’est cela qui est déplorable.

Elle manque d'abord de toute vie originale Vers la fin du xvne siècle,

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