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LES PRÉDÉCESSEURS DE RUBENS

L’école flamande. — Au xve siècle, la peinture flamande existe seule en face de la peinture italienne. Elle est même, à tout prendre, sinon plus glorieuse ou plus féconde que sa rivale, du moins plus répandue et plus universelle. Elle comprend en effet, d’abord, toute œuvre d’art peinte en deçà des Alpes. L'individualité allemande ou française, à plus forte raison hollandaise, ne s’y distingue encore que par quelques nuances. Il y a plus; l’Espagne, avec les Deux-Siciles, ne sont que des provinces pittoresques des Flandres. Enfin, entre Bruges et Venise, les relations d’affaires instituent de bonne heure un commerce artistique. Ainsi la manière flamande, avant la Renaissance, se trouvait en honneur par toute la chrétienté.

Avec le xvie siècle, la situation change. Jusqu’alors l'Italie devait aux Pays-Bas autant qu’elle leur avait prêté. Elle ne pesait en tout cas dans l’art, que du poids de ses œuvres personnelles et de sa propre autorité. La découverte de l’antique vint tout à coup lui en donner une presque surnaturelle. Elle parut investie d’une révélation . Le Nord se précipite pour la recevoir à son tour. Ce fut, du jour au lendemain, la fin de la primitive école de Bruges. Dans le Tibre et l Arno, l’art flamand trouva son Lêthé. L’antique agit alors sur le monde moral, comme le plus

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