I- INFLUENCE L)E RUBENS
11 y a plus. Lorsqu’après 1760 éclate la réaction de Vieil et de David, c’est, encore de Rubens que nous vient le salut. Une étincelle de sa flamme anime les Batailles de Gros. Dans ce merveilleux Louvre du Consulat et de l’Empire, où Bonaparte fait transporter les peintures du Luxembourg' et les triptyques d’Anvers, la fièvre prend à la jeunesse et Delacroix brûle de recommencer Rubens. On sait enfin quelle importance eurent, sous la Restauration, les relations des peintres anglais avec les nôtres : sous forme britannique, c’est encore du Rubens qui s’introduit dans le romantisme. Ce n’est pas tout encore : et, par la même voie et le même détour, pour l’influence d’un Turner sur l’œuvre d’un Claude Monet, d’un Sisley ou d’un Pissarro, on peut dire que Rubens s’insinuait encore dans la peinture contemporaine; et quelques traces de ses méthodes se retrouvent dans les procédés de T « impressionisme ».
En un mot, les péripéties de l’art de peindre depuis Rubens se confondent avec les vicissitudes de sa gloire. Tout se résume en lui, tout dérive de lui. Et pour toutes ces raisons, on a le droit de conclure que Rubens est probablement, je ne dis pas le plus profond, je ne dis pas le plus artiste, moins encore le plus parfait, mais le plus grand des peintres qui aient jamais vécu.