LE « GENRE » ET LE PAYSAGE
Les Ténieks. • — Peu a peu, cependant, le grand art historique, oratoire et décoratif, s'anémie et s’épuise. Van Üvck se fait une grâce de cette langueur nouvelle. Déjà il invente moins, il s’en tient au portrait. LTn degré de familiarité pénètre dans la peinture. Les formats se réduisent. A ce moment, la tradition du vieux Brueghel et de Jérôme Bosch, qui ne s’est jamais interrompue, se réveille et profite de cette défaillance. Elle dispose des ressources pittoresques acquises par les générations précédentes. Elle y ajoute les préoccupations plus positives des peintres d’intérieur et de nature-morte. De là toute une riche famille de « petits maîtres. » Après Ruhens et Van Dyc-k, il n’y a pas de nom plus célèbre à Anvers que celui de Téniers.
Ce nom. comme celui de Brueghel, est le nom d une tribu. Quatre peintres au moins portèrent celui de David Téniers; il y a quatre Julien Téniers, deux Théodore Téniers. un Abraham Téniers. Mais un seul, celui qu’on appelle David Téniers le jeune, a rendu la famille illustre.
11 naquit en 1610, onze ans après Van Dvck, trente-trois ans après Rubens. Son père (1582-1649), un assez méchant peintre (son unique tableau certain se trouve à Douai), lui apprit à tenir un pinceau. Mais son initiateur, son maître en toutes choses, c’est Ruhens. A vingt-cinq ans, sa situation est déjà enviable. Il épouse la fille de Brueghel de Velours, dont Rubens était le tuteur et fut le témoin au mariage. Brillant, bien fait de sa personne, très doué, très fécond, très habile et très bien en cour, il s’éleva rapidement à la plus haute fortune. Peintre de F archiduc, gentilhomme de sa chambre, conservateur de sa galerie il nous en a laissé des I ’t/es, catalogues illustrés dont le genre a fait école), c’était un personnage. chargé de dignités et d’ordres officiels, à clientèle royale, un gros propriétaire, seigneur et châtelain de Perck et qui, en protecteur