LE SIÈCLE DE FRANS HALS
Le xMe siècle. — La Hollande n’est, pas un très vieux pays artistique. Longtemps elle n’a pas eu plus de peinture que d’histoire. Tant qu’elle se confondit avec la Flandre, la Flandre se chargea de vivre et de penser pour elle.
Un moment, Lucas de Leyde (1494-1533) semble rompre le charme. Mais ce n’est qu’un éclair. C’est l'heure où il n’est bruit au monde que des merveilles de l’Italie . Pour un siècle, il n’est plus question de Hollandais ni de Flamands. Avec J an van Scorel, un élève de Mabuse qui courut jusqu’en Palestine et ne vit rien sur terre que les Loges el Raphaël ; avec Martin Heemskerk, un maître gesticulant et dur, dont les ligures oui l’air de vouloir sortir de leur peau, commence une génération d’Italohollandais, qui n’a rien à envier aux Romano-flamands. C’est un Leydois, Otto Veenius, qui est le maître de Rubens. Et c’est Cornelis de Haarlem, le michélangelesque, l’homme aux impitoyables nudités découpées d’un trait sec dans des cartons blafards ; Blœmærl le corrégien, qui inaugure la manière forte et les ombres à la suie ; Golt/ius le graveur, leur aîné à tous deux, mais venu tard à la peinture, et qui continua de buriner sur bois ses horribles académies massives et rougeaudes [Adonis
iis