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LA PLAQUE DE PELADE

La pelade débute par une plaque glabre; celle-ci peut constituer toute la maladie, mais bien souvent, après un certain temps, d’autres plaques semblables apparaissent en plus ou moins grand nombre. L'unité morphologique et, pourrait-on dire en forçant quel-

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que peu le sens de ce terme, la lésion élémentaire de la pelade, c’est donc la plaque glabre et c’est par sa description que nous devons commencer notre étude.

Cette plaque apparaît tout à fait inopinément sans aucun signe prémonitoire et le plus souvent ce n’est pas le malade lui-même mais un ami, le coiffeur, qui s'aperçoit le premier de son existence. À ce moment, les dimensions de la plaque sont très variables, de quelques millimètres à deux ou trois centimètres de diamètre, mais de toutes façons l’aspect est identique.

La plaque est complètement glabre, nue, sans un seul cheveu sur toute son étendue, aucun bulbe pileux n’est respecté.

A sa surface, le cuir chevelu est lisse, absolument propre, et ne porte aucune croûte, aucune squame, tout au moins si les téguments n’ont pas été irrités dans un but thérapeutique.

La forme de la plaque est ronde ou ovalaire; son contour est toujours régulier.

À la surface de la plaque, les orifices pileux sont nettement visibles et dilatés. Le professeur Gougerot, dans son enseignement oral, insiste souvent sur la valeur diagnostique de ce signe qui oppose nettement la pelade et les alopécies cicatricielles.

Les téguments apparaissent blancs, décolorés, dépigmentés, et l’on a souvent, depuis Cazenave, tiré argument de cette dépigmentaticn pour identifier ou

tout au moins rapprocher pelade et vitiligo. Mais, d’après les travaux histologiques de Woringer, qui a repris l'étude de la pigmentation de la pelade à l’aide de la: doparéaction de Bruno Bloch, la fonction pigmentaire ne serait altérée qu’au niveau des follicules pileux, tandis que la peau vague comporterait une quantité de cellules chromatophores et de pigments normaux. L'aspect de décoloration de la plaque ne serait donc qu’une illusion due au contraste entre la couleur normale des téguments nus et les régions pileuses environnantes.

Au toucher, la plaque, surtout lorsqu'elle a acquis une certaine dimension, donne une sensation d'œdème, elle garde quelques instants l'empreinte du doigt. Dans d’autres cas, la plaque paraît afrophiée et semble déprimée en son centre. Sabouraud pense que cette « atrophie » n’est nullement spéciale à la pelade et serait due simplement à ce que l’épaisseur des téguments est diminuée du volume de tous les cheveux disparus.

À un examen superficiel, la plaque paraît immédiatement entourée de cheveux sains. En réalité, sur une étendue dont les dimensions varient suivant l’allure évolutive de la pelade, les cheveux d'apparence normale ne résistent pas à la traction.

Les cheveux caducs qui occupent cette région ne -tardent d’ailleurs pas à tomber spontanément, ce qui

We à entraîne un accroissement progressif de la plaque. .Au milieu de ces cheveux caducs, sains en apparence, existent des cheveux nettement pathologiques, qu’il faut rechercher avec soin, parce qu'ils sont souvent peu nombreux et courts, coupés spontanément à un centimètre ou un centimètre et demi de leur émercence. Ce sont les cheveux peladiques de Sabouraud, cheveux en point d'exclamation ou en massue. Minces, fins, grêles et peu colorés à leur point d'implantation, ils sont au contraire épais et fortement pigmentés à leur extrémité libre. Ces cheveux sont caractéristiques de la pelade et ils indiquent une pelade en voie d’extension. Ils manquent lorsque la plaque est parvenue à son maximum d’étendue. Enfin, dans la même résion que ces cheveux en massue, mais seulement lorsqu’il s’agit de grandes plaques à début brutal et à évolution rapide, on trouve des cheveux plus courts encore, gros, fortement pigmentés, coupés presque au ras de la peau par un processus de trichorrexie, et que Besnier avait appelés cheveux cadavérisés. Il existe souvent dans le même cas, enchâssés dans certains follicules pileux, des sortes de points noirs, bols pilaires de Sabouraud. Ils apparaissent, dit cet auteur, « comme un point d'imprimerie très fin. comme .des grains de poudre enchâssés dans les orifices pilaires », et {émoignent du dernier effort de la papille pilaire désormais inapte à créer un vrai cheveu, mais

Et

qui péut encore émettre quelques cellules et du pigment. Quoi qu'il en soit de la constitution de ces che- veux cadavérisés et de ces points noirs, ils n’ont pas la valeur caractéristique des cheveux peladiques.

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