CONCLUSIONS
I. — Les dermatologistes du siècle dernier ont net- tement individualisé et fixé l’aspect clinique de la - pelade, Ils en ont fait à juste titre le type même de lalopécie en clairières et l’ont schématiquement opposée dans leur enseignement aux alopécies diffuses. . L’alopécie en clairières constitue également pour le praticien éclairé un type d’étiologie pratiquement constante qui doit éveiller d'emblée dans son esprit le diagnostic de syphilis secondaire.
IT. — Les observations que nous rapportons dans cette thèse, réunies dans le service de notre maître le Professeur Gougerot, sans diminuer la valeur didactique de cette opposition, viennent en atténuer quelque peu la rigueur. Nos malades étaient porteurs d’une alopécie en clairières, typique, pure, sans plaque nue d’aspect peladique, devant laquelle l’enseignement classique nous aurait obligé à porter le diagnostic de syphilis. Et pourtant il n'existait aucun autre signe clinique ni sérologique de syphilis et, dans deux cas sur trois, un examen attentif finit par découvrir de rares cheveux peladiques.
III. — Il existe dans la littérature médicale quelques observations (Fournier, Milian, l’une de nos malades) qui constituent, entre la pelade banale et nos cas de syphiloïde, une série ininterrompue de faits cliniques. :
IV. -__ Nos observations nous paraissent surtout présenter un intérêt pratiqua. Fournier soulignait déjà que la roséole, les plaques muqueuses, ladénopathie n'étaient pas absolument caractéristiques de la syphilis. Gougerot, en 1921, montrait à son tour que la leucomélanodermie du cou pouvait être la conséquence de lésions banales. L’alopécie en clairières n’est pas davantage pathognomonique de la syphilis. Sa constatation nécessite, avant la révélation du diagnostic, le contrôle d'un examen clinique et sérologique complet.
Toute affirmation qui ne reposerait pas sur la base solide de cet examen serait aventureuse et risquerait d'entraîner des conséquences familiales et sociales dout le médecin pourrait être moralement responsable.
VU: NUS le Doyen, le Président, TIFFENEAU. GOUGEROT.
VU et permis d'imprimer :
Le Recteur de l’Académie de Paris, Roussy.