‹ La Penelope normande piece en cinq actes et en proseChapitre 31 sur 92 · KEN É · texte numérisé non relu

KEN É

Je te prie de croire que je me sers ici des phrases d’usage et du langage consacré, sans t’autoriser pour cela à me croire... amoureux comme tu l’entends.

SANAJOÜ.

Ah ! tu n’es pas amoureux ?

RENÉ

Madame d’Apreville est jolie. Je vis seul, dans les bois, pendant l’été. La campagne, en cette saison, si l’on n'y est amoureux, a l’air d’un magnifique cadre vide. On y met ce qu’on peut, — de là à une passion il y a loin. — Mais, que veux-tu? Ce soleil qui se couche dans ses courtines de pourpre... ces nuits tièdes, ces parfums, ces chants d’oiseaux, ces murmures du vent dans les feuilles et de l’eau sous l’herbe... Allons donc! Les pierres s’aimeraient, s’il ne se trouvait pas là un homme et une femme.

SA N A j o u.

Les pierres sont assez malheureuses sans cela.

RENÉ

Souvent elle me propose son amitié... et elle m’appelle son ami. Maison n’appelle pas un homme: « Mon ami » de cette voix-là, quand on veut n’en faire que son ami.

SANAJOU.

Et que réponds-tu ?

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