N O K MI
Pour le moment, oui, monsieur.
RENÉ
Très-bien... J’aime mieux le nom de: « qui que ce soit.» Aussi bien je ne m'habituerai jamais à celui de Férouiliat.
NO ÉMI.
Adieu donc, monsieur., bon voyage.
H E N K , la retenant.
Mais je ne voyage pas, madame, au contraire. . ou plutôt, si, je vais m’en aller. Que faire ici, si je ne dois plus vous revoir*?.. Mais est-ce donc vrai que je ne vous verrai plus?
NO ÉM i.
C’est votre faute, monsieur, vous n’aviez qu’à ne pas vous opiniàlrer à chercher une héroïne de roman et de grandes aventures en moi qui n’ai que l’étoffe d’une amie assez gentille et très-bonne femme, qui aurait certainement osé vous aimer beaucoup si vous ne vouliez pas qu’elle vous aimât plus qu’elle ne le doit, ou plutôt autrement qu’elle no le doit.
RENÉ
Non, madame, c’est impossible. Je ne puis croire à une pareille ruine... Je ne puis vivre sans vous voir.
NOÉMl.
Alors, essayez un peu de mon amitié, vous la verrez si tendre, si dévouée, si exclusive... Vous l’aimerez. Vous n’en pouvez juger tant qu’elle marchera d'un pas hésitant sur un terrain où il lui semble que l’on creuse des trappes et que l’on tend des pièges.
RENÉ
Lh bien! soyons amis... Je ne vous parlerai plus de mon amour, madame... 11 est mort par votre ordre... condamné par vous. ( atoc un soupir. ) C’est dommage... c’était un noble et poétique amour!
N O E M i , d’un ton de reproche-
Mon ami.
R ENÉ.
Qu'il était beau et pur, madame, cet amour, quand j’étais seul avec votre image là-bas, sous les saules, le soir! qu’il était plein de dévouement et de rêves, ce mystérieux amour qui s’échappait
ACTH II.
de mon coeur et semblait retourner aux cieux 1 Comme le monde semblait finir là, à cet horizon de pourpre; au Ijerre qui cache votre maison et entoure cette fenêtre à laquelle vous m’ètes tant de fois apparue souriante. Noémi! Noémil si vous saviez combien dans ce jardin me devenait sacré chaque brin d’herbe sur lequel vous aviez marché; combien mon cœur gardait la mémoire de chaque mouvement que vous aviez fait! N'est-il pas irai, madame, que c’était là un poétique amour, et que c’est grand dommage
qU il Soit mort? ( Noémi reut répondre, U roix lui manque et elle pleure. ) Ah!
voyez... Vous le pleurez vous-mènie, madame! (Musique.)
N U K M I , s’essuyant les yeux •
Écoutez-moi, mon ami; vous me parlez une langue harmonieuse qu’il m’est impossible d’entendre... Vous dire seulement que je suis triste aussi , ce serait vous donner une espérance, et je n’ai rien à vous faire espérer.
KEN E , voyant Antliime.
Ah ! le capitaine qui que ce soit !