‹ La Penelope normande piece en cinq actes et en proseChapitre 87 sur 92 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

NOÉMI, Mule.

« Quand vous lirez cette lettre, vous comprendrez combien j’ai été coupable envers vous; mais si je n’ai su me rendre digne ni de votre générosité, ni de votre amour, peut-être me saurez-vous gré de n’avoir pas voulu faire plus longtemps do votre maison le théâtre de la trahison et de l’ingratitude. Je sais qu’en dehors du devoir il n’est pas de bonheur possible; mais mon cœur est plus fort que le devoir. Vous si grand, si généreux; pardonnez-moi... Qui sait ce que l’avenir me garde! Ne me maudissez pas... Je pars , vous ne me reverrez plus. » ( eiu cachette u lettre et u met dans

un petit coffret qu’elle laisse sur la table. Se lerant. ) Oui , je Serai moins

coupable quand je serai loin d’ici; comme je l’aime, mon René! Pourquoi n’a-t-il pas voulu fuir cette nuit? Qui donc a pu le retenir? Oh! oui, je suis folle! Il n’aime que moi, et cet amour est toute ma vie désormais... je le sens là! A dix heures, une barque nous attendra au pied de la côte Saint-André et nous mettra à bord d’un navire qui nous emmènera loin, bien loin, bien loin! Et si tu manquais de courage, m’a-l-il dit, si à dix heures je ne tè voyais pas, je ne croirais plus en toi, je partirais seul. ( Descendant u scène.) Oh! j’irai , j’y serai, car je t’aime !

(Regardant la pendule arec anxiété ) EnCOrO Ulie heure ! Mais pendant

cette heure mortelle, mon mari peut deviner notre fuite. Et si René découvrait la vérité... oh! alors, tout serait fini, je serais'

perdue... Mais non... mon mari et Anthime sont au Havre tous deux et ne rentreront que ce soir. Mais fuir!... en plein jour!... Et si je suis rencontrée, que puis-je dire?... Eh bien, je cacherai mon visage, et nul nome reconnaîtra... que lui!...

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