ACTE I
d’argent... — « Mon Dieu!... si c’était lui!... si c'était lui!... » répétait ton cœur. — « C’est moi, te criais-je, ma Noéiniü nous sommes riches, je reviens chargé d’or! » Et je te jetais à pleines mains les diamants et les perles fines; mais toi, me sautant au cou, tu médis : « Ah ! mon plus précieux trésor, mon Hercule, c’est ton amour ! » Hein! le beau rêve.
Oui... un beau rêve!
HERCULE
Il n’y a rien d’impossible, quand on aime. Écoute, tu connais bien Martin, le charpentier?
* NO K Ml.
Je crois que oui.
Depuis deux mois je voyais tous les jours, en passant devant son chantier, un amour de goélette; elle lui avait été commandée par un négociant qui venait de faire la culbute, et, naturellement, elle lui restait pour compte : je l’ai eue à bon marché .. presque pour rien... et aujourd’hui elle est à nous.
NO E M I , riant.
Comment! ma filleule... cette goélette que nous allons baptiser tout à l’heure?
II E R C U L IC , se relevant.
J’en ai les reçus dans ma poche! J’ai eu vent d’une magnifique occasion... un coup de commerce... une fortune... je vais le tenter. — J’ai frété le nav ire, et, tflianl au capitaine...
N O E M I , vivement.
Vous songeriez k me quitter?
il E RC u LE.
Moi... non.
NOÉMI
C’est cela ?
HERCULE
Mais non... Est-ce que je suis le seul patron dans le pays?
NOÉMI
Ah! il va deux mois que vous me cachiez... Et vous vantez quelquefois votre franchise... je vous le conseille.
HERCULE
Oh! je ne voulais pas t’ennuyer d’affaires... voilà mon excuse. Mais que dis-tu de mes projets, hein?
N OEM i.
Je dis, mon ami, que vous exposez le certain pour l’incertain, et, dans notre position, c’est peut-être dangereux.
HERCULE
Confiance, ma Noémi, confiance, laisse-moi faire... tu auras ton
château ! ( on entend au dehors un coup do sifflet répété trois fois.)
NOKM1.
Quel joli signal.
HERCULE
Que veux-tu, entre marins. Tiens! c'est ton compère, c’est le
galant Férouillat. (u ▼a à la fenêtre, porto à sa bout ho un sifflet de contre-
maître, et répite le signai.) Arrive donc!... Ah! ah! ah! Il porte Un gros bouquet comme l’église... (Entre Aiillilme Férouillat, on tenue de fête.
Il tient à la main un cnormo bouquet.)