AVANT-PROPOS
Il importe de bien délimiter l'objet de ce travaily et d'en indiquer la méthode.
Xous circonscrivons le champ de notre étude dans les quatre premiers siècles, et entendons ne pas dépasser les environs de l'an 400. Les derniers Pérès de l'Eglise que nous appellerons en témoignage sont saint Augustin (j430), saint Innocent P^' (401-417) et, par exception, saint Léon le Grand (440-461).
La discussion des textes nous amènera inévitablement sur le domaine de la théologie. Mais cette étude est, avant tout, une œuvre d'histoire. Notre principale préoccupation sera d'établir et d'expliquer les faits par les textes. En cela, nous ne ferons que suivre l'exemple des grands historiens du X VIP siècle, des DenijsBetau et des Noël Alexandre, qui, ajjant à traiter le sujet que nous abordons après eux, ne se départirent jamais des principes de la méthode critique. Jamais, en présence des documents les plus difficiles à interpréter, il ne leur vint à l'esprit de recourir aux arguments théologiques pour se tirer d'embarras. Ce fut uniquement par l'examen comparé des ouvrages des Pères et des canons des conciles qu'ils s'efforcèrent d^éclaircir le problème de la discipline pénitentielle dans les premiers siècles de l'Eglise. Telle sera aussi notre méthode.
Si limitée que soit la période que nous étudions, la discipline pénitentielle n'y est guère uniforme ; elle subit une évolution dont nous indiquerons quelques étapes sans chercher à en déterminer les lois. Le pouvoir d'absoudre, notamment, passe, en certains