‹ La pensée antique (de Moïse à Mare-Aurèle)Chapitre 43 sur 103 · LE POLYTHÉISME ET LE GÉNIE HELLÉNIQUE · texte numérisé non relu

LE POLYTHÉISME ET LE GÉNIE HELLÉNIQUE

L'Orient serein et grave dédaigne de discuter, et sa sagesse profonde est toute d'intuition. H se dresse devant nous comme un bloc de granit, majestueusement immobile par-dessus le cours des siècles.

Pénétrons maintenant dans la Grèce. C'est dans cet ardent foyer de TOccident, toujours en ébullition, que nous trouverons en plein essor le mouvement et la vie.

L'Asiatique contemple et admire, l'Européen analyse

Fabre. — Pensée antique. 11

et juge; T Asiatique a le culte de la tradition et de la coutume, TEuropéen est ami de Tinitiative et de la liberté.

La Grèce a été le soleil de la civilisation européenne, et c'est dans l'Orient que ce soleil eut son aurore. Des colonies venues d'Egypte apportèrent parmi les peuplades grecques leurs sciences, leurs arts et leurs croyances et exercèrent une grande influence sur ces esprits encore barbares.

Toutefois les Grecs, natures délicates, mobiles et indépendantes, toutes pénétrées du sentiment de la beauté et de la vie, n'étaient pas du tout faits pour constituer une espèce d'Egypte occidentale. L'invasion dorienne vint à propos retremper en eux le génie national et, au lieu de se laisser absorber par l'élément étranger, ils finirent par se l'assimiler.

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