LX TARE DE L'ORIENT
Le vice de la Chine ne lui est pas particulier. Il est commun aux autres peuples dont nous avons parlé ; il est la plaie profonde de l'Orient, terre de servitude où l'esprit est plus enclin à l'adoration qu'à la critique, et oii la force a toujours primé la justice.
Dans ces pays où manque le souffle puissant de la liberté, le vulgaire des génies est comme étouff'é en naissant et le despotisme étend le désert autour de lui; mais çà et là surgissent des esprits sublimes, géants solitaires grandis par les obstacles, qui, fièrement debout et pleins de vie sous un ciel de plomb et dans une atmosphère de mort, gravent en caractères d'airain les paroles de la sagesse éternelle.
Voyez avec quelle majesté ils se dressent sur les plus hautes cimes de la pensée. Comme ils ont grand air, comme ils nous apparaissent calmes et radieux, à travers la brume des âges, ces premiers oracles de Tintel-
ligence humaine, de qui la voix grave est venue jusqu'à nous et tient encore courbés sous les lois qu'elle dicta des millions et des millions d'hommes !
Mais si ces hommes furent grands, l'humanité est plus grande encore, et ils prétendirent enchaîner l'humanité.
De là tant de misères, à côté de tant de splendeurs, chez les peuples que coulèrent dans le moule de leurs doctrines les grands législateurs du vieux monde.
C'est un fait coiislant que, dans les îles, les presqu'îles et les côles liourousomcnt siluôes, il s'est toujours produit une «énergie d'efforts, une liberté de culture, inconnue aux continents. La situation particulière de la (Jrèce et le caractère du (louple doué au plus haut point de l'esprit d'initiative, amenèrent à l'intérieur une circulation des idées, et à l'extérieur une passion des entreprises, dont il n'y a pas d'exemple chez les nations continentales. Kn même temps que la configuration des lieux et les mœurs des hommes, l'époque où apparut la culture grecque, le degré de civilisation, non seulement des peuples environnants, mais de l'humanité entière, tout contribua à faire des Grecs un peuple privilégié tel qu'il n'y en a plus et qu'il n'y eu aura plus jamais.
Herder.
^ Philosopher, c'est perfectionner son esprit en s'élevant aux principes, et perfectionner son caractère en harmonisant ses actes avec l'idéal du bien et du beau.
rLATOX.