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L'ECOLE IONIQUE ET EMPÉDOCLE

Les philosophes ioniens ramènent la philosophie à une physique générale ; ils comprennent Tensemble des choses soit comme le produit de la vertu génératrice d'un premier germe, soit comme Teffet d agrégations d'éléments; et chacun d'eux a son système du monde qu'il construit, non en patient observateur, mais en généralisateur hardi, se contentant de quelques analogies pour tout faire dériver des transformations de telle ou telle matière primitive, essence fondamentale des êtres.

Thaïes; Anaximandre ; Anaximène et Phérécide.

A Thaïes de Mile t, contemporain de Solon, est attribué le mérite d'avoir le premier envisagé on penseur la question de l'origine des choses. Il expliquait la nature par l'eau, élément nourricier de tout ce qui existe, et dont la raréfaction ou la condensation aurait engendré les diverses sortes d'êtres.

Quand il montrait dans l'élément humide le principe de Tunivers, Thaïes ne faisait que traduire en un langage abstrait la conception mythologique des anciens Grecs, pour qui l'Océan était, selon l'expression d'Homère : « le père de tout ce qui est, hommes et dieux.»

Ce philosophe, qui mérita d'être mis au nombre des

sept sages, avait acquis en Egypte de gSrandes lumières sur la géométrie et sur l'astronomie, et c'est là probablement qu'il puisa sa doctrine de l'immortalité des âmes, destinées à devenir des génies bons ou mauvais selon qu'elles ont été bonnes ou mauvaises.

« Rien n'est facile comme de donner des avis, disaitil, et rien n'est difficile comme de se connaître. Si Ton entendait ses propres intérêts, on s'appliquerait à se ménager un corps sain et un esprit droit, deux grands éléments de bonheur ; et si, en même temps, on avait véritablement à cœur de mener une vie irréprochable, on s'imposerait pour règle de ne jamais faire soi-même ce qu'on blâme dans les autres. »

Peu de temps après la mort de Thaïes, Anaximène de Milet, par une espèce de progrès dans l'abstraction, substitua à l'eau, comme principe générateur des choses, un élément plus subtil et plus mobile. Sa thèse est que l'air raréfié ou condensé produit la terre; que delà terre naissent le ciel et les astres ; enfin, que l'esprit n'est qu'un souffle éthéré.

Avant que parut Anaximène, Anaximandre, autre concitoyen de Thaïes, son disciple et son successeur, avait conçu une matière fluide, informe, indéterminée, substance primitive des choses, qui, par cela môme qu'elle n'a rien de fini, se prête à d'infinies combinaisons.

D'autre part Phérécyde avait fait intervenir l'action de l'air dans la production des choses; mais l'élément premier était pour lui la terre, peu à peu dégagée du chaos primitif avec laide du temps.

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