LA DIALECTIQUE PLATONICIENNE
Platon, transformant et animant tout ce qu'il touchait par une dialectique subtile et par un sentiment profond, sut s'assimiler et élargir avec originalité les plus séduisantes doctrines de Socrate, des Pythagoriciens et des Orientaux, et les fit servir à cette belle théorie des Idées qui est en quelque sorte Tâme de sa philosophie.
Il distingue en Thomme la région de la pure pensée, la région des nobles sentiments et la région des basses convoitises, et il fait voir dans la raison la puissance maîtresse dont c'est le rôle de réprimer la sensualité et de diriger le cœur.
La raison est l'organe naturel de la vérité et, quand elle connaît, il semble qu'elle se souvient. Et en effet, d'après Platon, connaître c'est se souvenir.
Avant d'être jeté dans ce monde sensible oîi tout est ténèbres, l'homme a vécu dans le monde intelligible où tout est lumière. Lorsque des vérités relatives, et par suite, des fausses vérités, des opinions que 1& monde nous suggère, nous nous élevons aux véritésabsolues, nous ne faisons que nous rappeler, et rallumer en nous un rayon de ce soleil des intelligences que nous avions antérieurement contemplé.
C'est soulevée par les ailes du pur et généreux amouic" que la pensée prend cet essor, au delà du pays des apparences et des ténèbres, vers la sphère lumineuse des intelligibles.
Là, l'être qui est le Bien suprême lui apparaît daii.s^ sa pleine réalité ; elle le reconnaît avec d'ineffables joies
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et elle contemple en lui les Idées, types immuables des choses, pensées éternelles de Dieu.
N'est-il pas vrai qu'en aucun genre rien n'est aussi parfait que l'idéal conçu par notre pensée ? N'est-il pas vrai qu'en matière de vrai, de beau et de bien, les exemplaires réalisés par la nature ou par l'art restent inférieurs à un certain original qui, imperceptible à nos sens, s'impose à notre intelligence ? Ne sied-il pas que tous, penseurs, artistes, hommes d'action, nous nous élevions, dans nos œuvres, au delà des modèles vivants, jusqu'à ces types purement intelligibles, qui, au lieu d'être d'un temps ou d'un lieu, sont de tous les temps et de tous les lieux, et apparaissent à la raison comme des faces diverses de l'Être universel et éternel ?
Dans l'Être parfait, terme suprême de la connaissance et suprême objet de l'amour. Idée des Idées et Beauté absolue, Platon conçoit et afjBrme l'union intime d'une intelligence infaillible et d'une volonté excellente. Sa perfection est son éternelle raison d'être et la raison d'être du monde. 11 est le Bon, et voilà pourquoi il est. Il est le Bon ; et voilà pourquoi nous sommes et serons.