Ibid., p
92 LA l'EN.SÉE CATHOLIQUE EN ANGLETERRE.
leurs, si nous ne voulons pas que le dogme nous mette en rapport avec la nature divine, nous devons refuser aussi de croire que nos sens nous donnent une idée de la matière. Ce qu'ils nous apprennent, à proprement parler, n'est que l'existence d'impressions produites sur eux, et pourtant nous ne nous faisons pas scrupule de parler comme s'ils nous donnaient la connaissance des substances matérielles * ».
« Personne ne nie que des mots humains ne soient impuissants à traduire l'infini, mais il peut y avoir entre l'idée terrestre et son archétype divin une correspondance telle qu'aucune autre ne puisse en approcher d'aussi près dans notre état présent. C'est ce que l'Ecriture nous donne à entendre en disant que nous voyons obscurément, in eniginate ce que la vision béatifique nous montrera face à face^. »
Dieu nous traite comme on fait un sauvage ou un enfant : il économise. S'adresser à ces esprits faibles en langage d'homme ou de philosophe serait les abuser, comme si l'on parlait couleurs à un aveugle. L'économie est la loi. Les mathématiques, en dépit de leur apparente précision, les classifR-ations naturelles et philosophiques, la musique, les langues sont des symboles; mrme d'un homme à un autre, le calcul de la pensée, l'adaptation du langage varie.
« C'est pourquoi, en attendant que le jour se lève et que les ombres se dissipent, apportons dans nos études théologiques de riiumilitc, et en même temps de l'ardeur : rappelons-nous notre ignorance des vérités divines, mais bien que nous sachions si peu,
\. Ibid., p. 338-30-iO.