‹ La pensée catholique dans l'Angleterre contemporaine [microform]Chapitre 7 sur 28 · Universily Sermons, p · texte numérisé non relu

Universily Sermons, p

du dogme, il y ait une sorte de dureté dans le contour de ce dernier : l'infirmité de notre intelligence rend cette imperfection inévitable ^ »

D'ailleurs, « l'esprit humain ne peut réfléchir sur une idée que par fragments ; non dans son unité et intégrité, mais en la résolvant en une série de relations. Les expressions qu'il lui applique ne lui sont jamais équivalentes. Nous pouvons, à vrai dire, définir les créations de notre propre esprit, parce qu'elles sont ce que nous les faisons et rien d'autre, mais il serait aussi facile de créer ce qui est réel que de le définir, et ainsi les dogmes catholiques ne sont au fond que des symboles d'un fait divin si loin d'être recouvert entièrement par eux que mille autres n'arriveraient pas à l'épuiser X)u même à le sonder 2»,

Que si les ennemis du dogme objectent à cette conception que « rien au monde ne peut donner l'idée de ce qui est en dehors et au-dessus du monde ; que les mots de personne, substance, génération, etc., dont nous nous servons en parlant de la Divinité, ne peuvent s'élever au-dessus d'eux-mêmes ou exprimer plus qu'ils ne contiennent, et que par suite il est vain de s'y attacher, on peut leur répondre qu'il est difficile de dire à quel point la grâce peut nous aider sinon à former des idées nouvelles, du moins à purifier et élever celles que nous avons naturellement, que les termes et les figures que nous appliquons à la Trinité et à l'Incarnation, peuvent, en se combinant, créer des idées totalement neuves, bien que toujours d'un caractère contingent [eai-lhljj). D'ail-

i. UniversiUj Sermons, p. 323.

2, Ibid., p. 331-33-2.

leurs, si nous ne voulons pas que le dogme nous mette en rapport avec la nature divine, nous devons l'efuser aussi de croire que nos sens nous donnent une idée de la matière. Ce qu'ils nous apprennent, à proprement parler, n'est que l'existence d'impressions produites sur eux, et pourtant nous ne nous faisons pas scrupule de parler comme s'ils nous donnaient la connaissance des substances matérielles ^ ».

« Personne ne nie que des mots humains ne soient impuissants à traduire l'infini, mais il peut y avoir entre l'idée terrestre et son archétype divin une correspondance telle qu'aucune autre ne puisse en approcher d'aussi près dans notre état présent. C'est ce que l'Écriture nous donne à entendre en disant que nous voyons obscurément, in enigmate ce que la vision béatifique nous montrera face à face^. »

Dieu nous traite comme on fait un sauvage ou un enfant : il économise. S'adresser à ces esprits faibles en langage d'homme ou de philosophe serait les abuser, comme si l'on parlait couleurs à un aveugle. L'économie est la loi. Les mathématiques, en dépit de leur apparente précision, les classifications naturelles et philosophiques, la musique, les langues sont des symboles ; même d'un homme à un autre, le calcul de la pensée, l'adaptation du langage varie.

« C'est pourquoi, en attendant que le jour se lève et que les ombres se dissipent, apportons dans nos études théologiques de l'humilité, et en même temps de l'ardeur : rappelons-nous notre ignorance des vérités divines, mais bien que nous sachions si peu,

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