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personnes sont tentées de croire qu'il y a aujourd'hui dans l'Église catholique des hommes dont le dessein plus ou moins formé est de la conduire insensiblement dans la voie d'un progrès où elle n'irait pas d'elle-même. Ce serait une injustice odieuse envers le cardinal Newman que de lui attribuer une telle politique. Il est un trop noble exemplaire de droiture et d'honneur en même temps que d'attachement à l'Eglise pour que le moindre soupçon de dissimulation l'effleure. Ce qu'ir avait à dire, il le disait simplement et presque naïvement, et quand on sait à quel génie cette simplicité et cette naïveté font escorte, ces qualités deviennent sublimes. Il a pu se dépeindre dans la préface de V Apologia, avec la simple hardiesse de saint Paul, comme « un homme dont le premier mouvement a toujours été de dire son opinion ; qui a toujours parlé trop plutôt que peu ; qui se serait épargné bien des ennuis s'il avait eu la sagesse de tenir sa langue ; qui a toujours été juste envers les doctrines et les arguments de ses adversaires; qui n'a jamais passé sur des raisonnements ou des faits qui parlaient contre lui ; qui n'a jamais donné son nom ou son autorité à des preuves qu'il croyait mauvaises ; qui n'a jamais craint d'avouer une faute dont il s'est senti coupable; qui a toujours pensé aux autres plutôt qu'à soi ; qui a abandonné beaucoup de ce qu'il aimait et estimait et aurait pu garder, s'il n'avait aimé l'honneur plus que la réputation et la vérité plus que de chères amitiés ' » .
Qu'on ne touche donc ni à sa sincérité, ni à l'intégrité de son catholicisme. Il dit quelque part que