SAINT VINCENT DE LÉRINS
Au v® siècle vivait au monastère de la petite ville de Lérins, non loin d'Antibes, saint Vincent, le vrui père de la scolastique, le puissant théologien qui, à la suite de saint Augustin et avant Bossuet, aie mieux formulé les principes constituant la charte de la pensée humaine durant Tâge du catholicisme.
Voici ces principes, résumés d'après les textes même de saint Vincent de Lérins et avec l'aide des commentaires de Bossuet.
Il ne faut pas voir dans le catholicisme, religion divine, une doctrine qui se compose par pièces et qui comporte ces changements où apparaît le défaut essentiel des sectes humaines. Ce qu'il formule, il le formule partout et toujours.
Il est dil dans l'Écriture saîule : « Ne remuez [loînl les bornes posées par les anciens. Ne vous mêlez point déjuger par-dessus le juge. » Or, le juge, c'esU'Église. C'est à l'Église que saint Paul s'adressait lorstju'il disait à son disciple : « 0 Timothiie, gardez le dépôt qui vous a Hé confié. »
L'Église de Jésus-Christ, soigneuse gardienDe des dogmes qui lui uni été donnés en dépdt, n'y cliange jamais rien; elle ne retranche point les choses nécessaires; elle n'en ajoute point de superflues. Tout son travail est de polir ce qui est encore fruste, de mettre en lumière ce qui est encore dans l'ombre, de conHrmer ce qui a été expliqué, do faire la garde autour de ce qui a été délini. Il en est de la théologie comme du corps humain qui se fortifie et grandit avec les années, mais ne laisse pas d'èlre toujours le même.
Les hérésies, quand elles se sont produites, ont été un profit pour l'église, parce qu'elles lui ont permis de rendre plus précise la vérité contenue dans la tradition. Ceux qui pensent mal n'aboutissent qu'à faire plus godiplétement connaître ceux qui ont bien pensé; el lc« erreurs des défaillants, au lieu d'interrompre la suite de l'Église, ne font que lui donner l'éveil pour qu'elle entende mieux ce qu'elle croyait.
L'Eglise confondra toujours les novateurs, en signalant le manque de continuité et d'universalité qui est dans leurs dires. Pourquoi la [larole divine les auraitelle pour premiers organes? Pourquoi no serait-ello pas parvenue aux autres comme h eux? Chaque fois qu'un concile œcuménique a décrété un dogme, il a prononcé que toute l'Église catholique avait toujours cru la niôoie chose qui était définie par ce dogme.