‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 15 sur 244 · PIIILON, LE PERE DES PERES DE L'EGLISE · texte numérisé non relu

PIIILON, LE PERE DES PERES DE L'EGLISE

Qui dira les mystères de l'amour? La mort est un baiser de Dieu qui unit Tàme avec la substance dont elle lire son origine. Toutes les âmes bien-aimées du roi céleste habitent avec lui ; elles se complètent les unes parles autres, et dans le Saint des saints tout se confond en une seule pensée qui remplit Tunivers. Là on ne peut plus distinguer la créature du Créateur. Même vouloir les anime, et ce que Tun commande l'autre Texécute.

Par une suprême consommation de l'amour, toutes les choses dont ce monde est composé, corps et esprits, rentreront dans le principe d'où elles sont sorties et qui est proprement l'Être unique, malgré les formes innombrables dont il est revêtu.

Quel que soit le faible irrémédiable de toute philosophie portée ou forcée à se réduire au rôle d'interprète d'un texte, on entrevoit la profondeur de ce panthéisme mystique qui, né du contact de la civilisation persane et d un instinct de libre recherche, se développa chez les Juifs à l'ombre môme du sanctuaire.

L'influence des inspirations de la Kabbale est manifeste dans le développement de Tidée chrétienne, non moins que dans les systèmes de beaucoup de philosophes, et particulièrement dans deux grands systèmes, celui de Spinosa et celui de Leibniz.

PHILON, LE PÈRE DES PÈRES DE l'ÉGLISE

Cet usage continuel de Tallégorie, qui est le propre des Kabbalistes, caractérise également les doctrines de Técole juive d'Alexandrie.

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Il y avait l'il

L'IiCLiCCTISMK JUIK

à Alexandrie beaucoup de Juifs, par cela î qu'il s'y faisait un grand commerce et qu'ils étaient avant tout gens de négoce. Vivant au milieu des Grecs, ils désapprirent peu à peu le langage de leur patrie, lis demeuraient pourtant attachés à la religion des ancêtres. Il fallut donc traduire en grec les livres de la Loi. La traduction qui fut faite, connue sous le nom de version des Septante, imprégna de platonisme le texte mosaïque, et eut surtout cela de particulier que, comme le Livre de la Saffcxse, elle plaçait entre Dieu et le monde une puissance médiatrice qui est la Parole divine, le Verbe divin, le Lo^os dans le langage de Platon.

Les commentaires qui furent faits sur cotte traduction tendirent naturellement de plus en plus à mettre d'accord la théologie juive, fi laquelle on voulait demeurer fidèle, avec cette philosophie grecque dont l'atmosphère d'Alexandrie était pleine. Bientôt, pour concilier les influences reçues et les traditions consaci-ées, on imagina que Platon avait emprunté ses idées à Moïse. Celait un moyen ingénieux de s'autoriser h enrichir de plus en plus Moïse des idées de Platon. On ne s'en fît pas faute. Divers Juifs alexandrins, tels qu'Aristobule, trouvèrent dans le Pentateuque tout ce qu'ils voulurent. Pour cela, ils usaient et abusaient du symbole. Ainsi, tandis qu'à Jérusalem la lettre luait l'esprit, à Alexandrie l'esprit tuait la lettre.

Au premier rang de ces interprèles de la philosophie grecque, déguisés en commenlalcurs de la théologie juive, est le célèbre Philon. Il était né une vingtaine d'années avant le commencement do l'ère chrétienne et floriasait BOUS Tibère. Sa méthode, sa théologie et sa morale sont

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singulièrement curieuses à connaître à cause de leurs rapports avec les priuMpes essentiels du christianisme tel qu*il va se développer. Ce précurseur de saint Paul est, avec Platon, le père des pères de l'Eglise.

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