LA MORALE KABBALISTE
N'esl-il pas convenable qu'il vous quitte pour aller demeurer dans le palais de son père ? » En vérité, si lous les justes pouvaient savoir ces choses, ils accueilleraient avec joie le jour où ils doivent quitter ce monde. »
Puisque sanctifier notre vie est Tunique moyen d'arriver à cette perfection qui est notre vocation commune et notre commun besoin, il faut commencer par éclairer sa conscience et puis suivre en tout les lois qu'elle prescrit.
Savoir ne suffit pas si, dans la pratique, on n'est altentil et habile à utiliser ce qu on sait. Figurez-vous un homme demeurant seul dans les montagnes et ne connaissant pas les usages de la ville. Il ensemence du blé et ne se nourrit que de blé à Tétat naturel. Un jour cet homme se rend à la ville. On lui présente du pain de bonne qualité, et il demande : A quoi sert ceci ? On lui répond : C'est du pain pour manger. Il le prend et en goûte avec plaisir. Puis, il demande : Avec quoi donc est-ce fait ? On lui répond que c'est avec du blé. Quelque temps après, on lui offre des gâteaux pétris dans l'huile. Il en goule; puis il demande : Et ceci, de quoi est-ce fait ? On lui répond : Avec du blé. Enfin, on met devant lui de la pâtisserie royale pétrie avec de l'huile et du miel. Il adresse encore la même question et il reçoit la même réponse. Alors, il dit : Moi, je suis le maître de toutes ces choses et je les goûte à leur racine, puisque je me nourris du blé dont elles sont faites. Et voilà que, dans cette pensée, il reste étranger aux délices qu'on tire de ce blé qu'il possède, et ces délices sont perdues pour lai. De même, celui qui s'arrête aux principes gêné-
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raux (9e la science ignore toutes les perfections et toutes les joies qu'une pratique avisée peut tirer de ces principes. Ce n'est pas seulement la science qu'il faut employer à nous acheminer vers le bien, nous devons aussi y employer le plus grand acte de notre existence lerresti'e, ' le mariage, qui tend à doubler nos forces en confondant deux êtres dans une même vie. De fail, avant de venir dans ce monde, chaque ùine se compose d'un homme et d'une femme réunis en un seul être. En descendant sur la terre ces deux moitiés se séparent et vont animer des corps différents. >< Quand le temps du mariage est arrivé, le Saint, béni soit-il, qui connaît toutes les ùmes et tous les esprits, les unit comme auparavant, et alors ils forment comme auparavant un seul corps et une seule âme. »
Cette fusion de deux personnes en une seule est pour l'une et pour l'autre un merveilleux apprentissage d'amour et de bonté. (.)r. si l'intelligence prime la force, le cœur prime l'intelligence, et au-dessus de tout est U bonté, brillant reflet de l'équilibre des puissances de l'âme, suprême elTet du progrès personnel.
C'est la bonté qui est te principal ressort de noUv ascension vers Dieu. Le fond de la bonté est l'amour.
De même que la réflexion précède l'intuition, la crainte précède l'amour. L'amour est plus élevé que la cfaiote; mais c'est par la crainte qu'on est conduit à l'amour.
Dans l'amour est le mystère de l'unité. C'est lui qui attire les uns vers les autres les degrés supérieurs et tes degrés inférieurs de l'être; c'est lui qui élève tout ce qui est jusqu'à ce degré suprême où il est nécessaires tout soit linalement uni. ■