LA CIVILISATION ARABE
sur les conquérants. De par l'échange toujours grandissant des idées et des sentiments, tous les peuples collaborent au lent développement du meilleur idéal en qui s'atteste, à travers les âges, avec des intermittences et des reculs, Tœuvre de la civilisation.
A partir du viii* siècle, se développa chez les Arabes, sous rinfluence hellénique, un grand mouvement intellectuel. Des écoles et des bibliothèques furent fondées à Damas, à Bagdad, à Tunis, à Tripoli, au Caire et dans d'autres villes d'Orient, puis à Cordoue, à Tolède, à Séville, à Grenade, à Valence, enfin dans toutes les provinces du monde où avait été arboré le croissant.
Sans doute, Mahomet était un illettré. Mais, quoi qu'on ait prétendu, il faisait l'éloge du savoir et de ceux qui savent. « Enseignez la science, disait-il. Qui la répand distribue la meilleure aumône. Elle sauve de Terreur et du péché. Etudier, c'est prier. »
Peu de gens se font une idée de la fermentation intellectuelle des cités Téeriques qui s'épanouirent sous le coup de baguette de l'Islam, lors de sa grande phase d'héroïsme. Pendant quelque cent ans, il fut donné aux musulmans, calomniés par l'ignorance et la haine, d'apparaitre comme Télite du genre humain en face de la décadence byzantine et de la barbarie féodale.
L'architecture, semant palais et mosquées en Asie, en Egypte, en Espagne, multipliait ses trouvailles géniales, riches de fantaisie, de délicatesse et de grâce ; les savants jetaient les premières bases de la chimie et faisaient faire deux ou trois pas de géants aux mathématiques, à Tastronomie, à la médecine dont Avicenne restera Toracle pendant six siècles.
Une aristocratie galante et chevaleresque, faisait assaut
d'élégances et de courtoisie, après avoir étonné Funivers par ses cavalcades héroïques ; de gracieux poètes chantaient les joies de la vie nomade, les douceurs da loisir, le parfum de la rose, les voluptés de Farnoor; d'intarissables conteurs imaginaient de merveilleuses fictions dont les Mille et une Nuits ne donnent qu'une imparfaite idée.
En même temps, on étudiait, on traduisait, on commentait les maîtres de la science et de la philosophie antique, les Euclide et les Hippocrate, les Platon et les Aristote.