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LA THÉOLOGIE DE PHILON

Armé de cette méthode qui lui permet de trouver aisément des autorités en faveur de ses doctrines, Philon enseigne d'abord l'infinité divine. Dieu n'est nulle part.

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car l'espace et les corps sont nés de lui, et on ne saurait enfermer le Créateur dans la créature ; et cependant il est partout, car ses divines puissances pénètrent tous les éléments et unissent toutes choses par des liens invisibles. Pour mieux dire, Dieu est tout. . L'infinité divine a -sa suprême raison dans la Trinité divine et dans le Verbe divin. Dieu, un et triple tout ensemble, est à la fois la Bonté qui crée Tunivers, la Puissance qui le fait vivre et le Verbe qui sert de médiateur entre la Bonté et la Puissance.

Le Verbe est l'Idée des Idées, le type suprême de rhumanité, Tllomme même en sa divine essence, notre intercesseur auprès de Dieu, et Tinterprête de Dieu auprès de nous. Dieu ne dédaigne pas de se communiquer aux sens et d'envoyer son Verbe pour l'établissement des préceptes sacrés. Partout où est le juste il y a une représentation de Dieu. Le juste est la bénédiction de tous et la rédemption des méchants.

Pour Philon, conformément aux idées grecques, religion et sainteté résument tous les devoirs envers Dieu ; justice et charité résument tous les devoirs envers les hommes.

Avec Platon et les stoïciens, il distingue quatre vertus morales qu'on appellera les vertus cardinales : la prudence, la tempérance, la force et la justice. Il caractérise en même temps, la foi, Tespérance et la charité, qui prendront le nom de vertus théologales. C'est surtout la foi qu'il exalte, voyant dans la ferme volonté de croire la pierre angulaire de toutes les vertus.

A l'apologie de la foi s'ajoute la doctrine de la grâce. Il échappe bien à Philon de dire avec les stoïciens que la

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