LA THEOLOGIE DE PIIILON
vertu vient de nous; mais il préfère enseigner que s'estimer Tauteur (l*un bien quelconque, c'est être orgueilleux et impie, c'est se méconnaître et s'assimiler à Dieu qui peut seul, parle don de sa grâce, retirer nos âmes du mal où la nature les porte. « La grâce, dit-il, est celte vierge céleste qui sert d'intermédiaire entre Dieu et l'âme, entre Dieu qui donne et Tàme qui reçoit. C'est Dieu qui plante et sème dans l'âme tout ce qu'il y a d honnête en elle. Si elle dit : « C'est moi-même qui plante, » elle devient sacrilège ».
L*âme qui prétend enfanter d'elle-même avorte. Telle est notre impuissance absolue qu'alors même que Tâme confesse sa petitesse et la grandeur de Dieu, celle confession n'est pas son œuvre, mais celle de Dieu. Il faut prier Dieu, et, de peur qu'il ne nous abandonne à nousmêmes, misérables que nous sommes, le supplier de nous conserver jusqu'à la dernière heure l'appui de sa miséricorde, d'où dépend notre salut.
En réalité, la plus belle et la plus irréprochable offrande qu'on puisse présentera Dieu, c'est une foi pure. « Dieu aime les autels sur lesquels ne brûle aucun feu terrestre, mais qu'environne le chœur sacré des vertus. »
Ce n'est pas à dire qu'il ne convienne point de s'astreindre aux pratiques du culte. S'il y a erreur â en faire grand cas, il y a danger à en faire fi. « De même qu'il faut avoir soin de notre corps parce qu'il est la demeure de notre âme, il faut observer les rites religieux, parce qu'ainsi nous comprendrons mieux les choses dont ils sont les symboles. » *
Ajoutez à cela qu'on doit « éviter le blâme et les accusations de la multitude. » Ainsi le sage aura bien sa pen-
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sée de derrière la tête; mais il ne manquera pas de faire ses dévotions comme la foule. — 0 Pharisaïsme !