LES LOLLARDS
dans la sérénité imperturbable de ces femmes, de ces hommes tout intérieurs, dont ni injures, ni persécutions n'altéraient la douce quiétude.
Les béguards, appliqués à anéantir leur personnalité dans celle de Dieu, se persuadaient qu'ils fmissaientpar atteindre un degré de perfection où les pratiques vulgaires de la piété, les prières, les jeûnes, les sacrements et le secours du prêtre devenaient chose superflue. Bien plus, ils pensaient que la communication directe avec Dieu leur conférait une royale indépendance qui les affranchissait non seulement des lois ecclésiastiques, mais même de toute loi humaine.
C'était aller bien loin. 11 advint que béguards et béguines joignirent les grossièretés les plus basses aux plus hautes spiritualités, et que, sous ce beau prétexte qu'ils étaient retournés à la pureté originelle et avaient rétabli en leurs âmes le primitif état d'innocence d'Adam et d'Eve, ils descendirent à d'abominables pratiques, confirmant cette parole de Pascal : Qui cent faire range fait la béte^ et cette parole de Bossuet : Toute fausse élévation attire des chutes honteuses.