‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 203 sur 244 · BEAUTÉS DE L'IMITATION · texte numérisé non relu

BEAUTÉS DE L'IMITATION

ses chutes, compatit à ses faiblesses, console ses douleurs, et, descendant jusqu'à elle, l'élève jusqu'à lui. Elle renaît; elle se transfigure au souffle de l'amour.

« Père des miséricordes, dit le fidèle, je vous rends grâce de vouloir bien quelquefois me consoler, malgré mon indignité. Vous êtes ma gloire et la joie de mon cœur; vous êtes mon espérance et mon refuge au jour de la tribulation. Encore ma vertu chancelle. Visitezmoi donc plus souvent, ami si doux! Délivrez-moi des passions mauvaises, guérissez-moi de toute affection déréglée, afin que, purifié intérieurement, je devienne apte à aimer, courageux à souffrir, ferme à persévérer.

« C'est une grande chose que l'amour; c'est un bien tout à fait grand. Il n'y a rien au ciel et sur la terre de plus doux que l'amour, rien de plus fort, rien de plus élevé, de plus fécond, ni de meilleur, parce que l'amour est né de Dieu, et il no peut se reposer qu'en Dieu, au-dessus de toutes les créatures. L'amour rend léger ce qui est pesant, suave ce qui est amer, et supporte avec égalité les inégalités de la vie. L'amour tend toujours en haut et ne se laisse captiver par rien de ce qui est bas. Celui qui aime, court, vole et est dans la joie; il est libre et rien ne le retient. Il donne tout pour le tout et possède tout dans le tout, parce qu'il se repose au-dessus de toutes choses dans le seul et souverain bien, d'où tout bien découle et procède. Souvent l'amour ne connaît pas de mesure, mais déborde au delà de toute mesure. L'amour ne sent point sa charge; il ne compte pas les labeurs; il veut faire plus qu'il ne peut et ne s'excuse point sur l'impossibilité, parce qu'il croit que tout lui est possible. Par là même il estxapable de tout;

ot, pendant que celui qui n'aime point s'abat el si; décourage, celui qui aime cxi^cuLe bien des choses el les achève. L'iunour veille sans cesse: même pendanlle sommeil il ne dort point; fatigué, il n'est pas las;pressi', il est au large; troublé, il n'est point dans le trouble; mais, comme une vivellamme ou une brillante élinctilk il se tait un passage en haut et y monte sans obstacle.

(1 Qui aime sait la force de ce mot d'amour.

i< C'est un grand cri aux oreilles de L>ieu que celle ardente aFTeclion d'une i\me qui dit : Mon Dieu, mon amour, vous Êtes tout à moi, et moi tout à vous. Dllalei mon cœur afin que j'apprenne ù goûter combien îl est doux de vous aimer et de se fondre el se noyer dans votre amour. Que je vous aime plus que moi; que Ju ne m'aime que pour vous, et que j'aime en voas tOOi ceux qui vous aiment I

« L'amour est prorapt, sincère, pieux, gai, aimabUi chaste, patient, fidèle, prudent, persévérant, magDaniine; et il ne se cherche jamais lui-môme ; car dès qu'on H cherche soi-même, on cesse d'aimer, »

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