BOULEVARD SAINT-()K «SI A IN
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DES ÉVANGILES A L'IMITATIOiN DE JÉSUS CHRIS T
L'évolution de la pensée antique aboutit à une période de tâtonnements et de renouvellement où l'Egypte et la Judée, la Grèce et Rome, TOrient et l'Occident mêlent leurs éléments et conspirent vers une unité commune.
Politiquement rapprochées et moralement désunies. les ànnes travaillent à établir entre elles une espèce de comiiiunion spirituelle. Par cela même, les questions religieuses priment toutes les autres.
Les avocats du paganisme tâchent de rajeunir les vêtements vieillis de Tancienne religion en les cousant à des lambeaux de philosophie.
Pendant que l'Asiatique Apollonius de Tyane se fait Tapùlre des doctrines mystiques de TOrienl, un Juif, Phîlon, essaie d'infuser dans les vieilles Iradilions du judaïsme les nouveautés des systèmes grecs ; el, à Alexandrie, la ville cosmopolite où se coudoient les deux mondes, une grande école entreprend la concilialiou du ^énie oriental avec le génie hellénique, du monothéisme
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avec le polythéisme, de renthousiasme avec la méthode, de la magie avec la science, de la religion avec la philosophie.
Vains eEForts ! Le christianisme grandit, vivace et plein de sève, au milieu de la dissolution universelle, renverse tous les obstacles, pénètre les âmes et subjugue les intelligences.
L'esclave avait le sort de la bête de somme; les passions étaient déchaînées; chacun faisait de sa personne le centre de tout, et, s'il se rencontrait quelques sages, le plus souvent ils avaient encore plus d'orgueil que de vertu. Cependant le doux maître disait et ses disciples dirent après lui : « Aimez tout homme comme vousmêmes. Dominez-vous. Sacrifiez-vous. Restez humbles. » Que disait à chacun le maître intérieur, la conscience ? « Par la dignité de l'âme, vous êtes tous frères. A cette dignité doit être asservie toute inclination. A cette dignité doit s'immoler tout égoïsme. Devant cette dignité toute hauteur doit s'abaisser. »
La raison, telle que l'avait façonnée le travail des siècles, se retrouvait et se reconnaissait dans l'enseignement et dans la vie de ce Juif, tout grâce, tout amour, qui allait faisant le bien, pardonnant le mal, et semant sa parole simple et forte sur la bonne terre, c'est-à-dire parmi les petits et les humbles. Par cela même, tous les pouvoirs, tous les intérêts, tous les vices se liguèrent contre la foi nouvelle : elle fut calomniée et persécutée; mais aussi, par cela même, il se fit en sa faveur une conspiration des plus secrètes puissances de Fâme, et lentement elle triomphait. Ce qu'ils «avaient sans le savoir, Jésus l'avait rendu sensible aux hommes, et il avait montré au monde l'exemplaire vivant d'un idéal
qui était bien dans toutes les pensées, mais y était comme une belle statue enfouie et souillée.
On crut en tout celui qui avait rendu l'humanité à ellemême, et ce que la morale chrétienne avait d'éminemment naturel Ht accepter ce qu'offrait de surnaturel le dogme chrétien.
Le christianisme a été le fruit mùr de la sagesse antique.
Ce livre, montrera la pensée chrétienne élaborée dans le monde juif mis en contact avec TOrient et la Grèce ; élevée à sa forme la plus haute dans le monde grécoromain ; aboutissant au dogmatisme catholique avec les pères de TËglise : enRn alimentant et dominant toute la vitalité intellectuelle du moyen âge.