LES PHARISIENS
La captivité de Babylone mît les Juifs en présence d'une civilisation étrangère et ouvrit à leur pensée de nouveaux horizons. Aussi, dès cette époque, de grandes dissidences de doctrines se produisirent parmi les adorateurs de Jéhovah. Trois sectes prirent le dessus : les pharisiens, les sadducéens, les esséniens.
L'immortalité de l'àme était affirmée par les pharisiens, dociles aux enseignements et aux exemples des mages. Ils y associaient, avec l'idée de la résurrection des corps, l'idée de châtiments et de récompenses futures. En outre, de même que les Perses, ils distinguaient de bons et de mauvais anges et ils professaient plus ou moins implicitement la doctrine du Verbe, c'est-à-dire de la Sagesse coéternelle à Dieu. « Le Seigneur m'a engendré, dit la Sagesse, au commencement de ses voies, avant qu'il efit produit au jour ses ouvrages. Je suis ordonnée de toute éternité. Avant que la terre fiit faite, j'existais. Les abimes ne s'étaient pas creusés, et j'étais déjà conçue; les sources des eaux n'avaient point encore jailli, les montagnes n'étaient point assises encore en
() L'KCLKCTISME JUIF
leur pesante niasse; Dieu m'enfantait avant les collines, avant qu'il eût formé la terre, et les fleuves, et les pôles du monde. Quand il préparait les cieux, j'étais là. Quand il établissait le flrmament, quand il renfermait la mer dans ses rivages et commandait aux flots de ne point franchir leurs limites, quand il posait les fondements de la terre, j'étais là, ordonnant tout avec lui, me jouant incessamment devant lui et dans le monde; mes délices sont d'être avec les enfants des hommes. Maintenant donc, mes bien-aimés, écoutez-moi : Heureux ceux qui gardent mes voies. Qui m'aura trouvée, trouvera la vie et puisera le salut dans le Seigneur. »
Parmi les docteurs pharisiens, il convient de signaler Jésus, fils de Sirach, et Ilillel, dont les préceptes moraux nous font en quelque sorte entrevoir le christianisme avant le Christ. « Plus vous êtes grands, disait le fils de Sirach, plus vous devez vous humilier pour trouver grâce devant Dieu. Soyez miséricordieux envers Torphelin comme si vous étiez son père et envers la veuve comme si vous étiez son mari. Ne repoussez pas la prière du malheureux et ne vous détournez pas de l'indigent. Prêtez au pauvre une oreille favorable, et acquittez-vous envers lui par l'aumône. Montrez-lui en même temps de la mansuétude, et faites-lui entendre des paroles de paix. Comme l'eau éteint le feu, la charité fait disparaître nos fautes. » Et Ilillel : «Soyez miséricordieux, comme Dieu qui est tout miséricorde; recherchez la paix; aimez les hommes comme vos frères et ne faites jamais à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'il vous fût fait. La loi se résume dans Tobligation de faire aux autres ce que nous voudrions qu'ils nous fissent. »