‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 37 sur 244 · LK PLATONISME PREND VIE DANS LE CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

LK PLATONISME PREND VIE DANS LE CHRISTIANISME

Le même Père de TÉglise reconnaît justement que l'œuvre propre du christianisme a été de transformer en réalité vivante les doctrines du philosophe grec.

nie reconnaît d'abord, en ce qui touche la métaphysique chrétienne telle qu'elle se constitua, quand il dit . « Je trouvai chez Platon, dans le même sens sinon avec les mêmes termes, qu'au commencement était le Verbe, que le Verbe était en Dieu et que le Verbe était Dieu; quen lui est la vie; que cette vie est la lumière des hommes, mais que les hommes ne Tout point comprise ; qu'encore que Tâme de Thomme rende témoignage à la lumière, ce n'est point elle qui est la lumière, mais le Verbe de Dieu; que le Verbe de Dieu, Dieu lui-même, est la véritable lumière qui éclaire tous Tes hommes îenaat en ce monde, ainsi que le dit saint Jean. »

Tout en faisant la part de sa foi, saint Augustin n'est pas moins explicite quand il s'agit des doctrines plus essentiellement morales qui sont comme la partie intime Ju pur christianisme. « Si quelqu'un de ses disciples, dil-il, au moment oii Platon enseignait que la vérité, ne pouvant être aperçue par les yeux du corps, n'est accessible qu'à rintellection pure; que toute àme qui s'y attache en devient heureuse et parfaite ; qu'il n'y a pas de plus grand obstacle pour la voir qu'une vie livrée aux passions charnelles et aux images sensibles; qu*il faut, en conséquence, guérir et purifier son àme pour contempler la forme immuable des choses et cette beauté toujours la même, sans limites dans l'espace, sans vicissitudes dans le temps, à l'existence de laquelle les hommes ne croient point, quoique seule elle existe par elle-même et souverainement; que toutes les autres choses naissent, périssent, s'écoulent, s'échappent per-

pétuellement à elles-mêmes, et qu'en tant qu'elles ont quelque réalité, elles relèvent du Dieu éternel, qui les a créées et les soutient par sa vérité; que, parmi elles, il n'est donné qu'à Tàme et à Tintelligence pure de jouir et de s'éprendre de- la contemplation de Téternité, et de mériter par là une vie immortelle ; mais que, si Tâme est blessée de Tamour et de Testime des choses qui naissent et qui passent, elle s'évanouit dans ses vaines pensées, en riant de ceux qui parlent d'un être qui n'est point aperçu par les yeux, ni figuré par des images sensibles, mais vu par Tesprit nu ; si. dis-je, au moment où Platon enseignait ces hautes idées, un de ses disciples lui eût demande : « Maître, exislera-t-il jamais un homme assez grand pour persuader aux peuples de telles choses, sinon comme vérités perçues, au moins comme croyances acceptées? » il aurait répondu, j£ crois, que cela ne pouvait se faire par un homme, à moins que Dieu, par sa puissance et sa sagesse, ne voulût en excepter un des lois ordinaires de la nature, et que, l'éclairant dès son berceau, non par les leçons des maîtres humains, mais par une illumination tout intérieure, il ne l'honorât d'une telle grâce, ne le fournît d'une telle force, ne l'entourât d'une majesté si haute, qu'en méprisant tout ce qui séduit les hommes, en souffrant tout ce qui les effraie, en faisant tout ce qui les étonne, il les convertît par l'autorité et par l'amour à une foi si salutaire. »

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