‹ La pensée chrétienne des Évangiles à l'Imitation de Jésus ChristChapitre 49 sur 244 · LE CHRIST NON DIVINISÉ · texte numérisé non relu

LE CHRIST NON DIVINISÉ

L'entente parfaite qui unissait les sociétés chrétiennes ne fut pas malheureusement de longue durée.

Déjà, dès le temps de saint Paul, comme nous Tapprend la première lettre qu'il écrivit à ses coreligionnaires de Corinthe, il y avait entre les chrétiens « des divisions et Jes contestations ».

Bientôt les sectes se multiplièrent. On les vit s'opposer nîuluellement différentes leçons des évangiles. Chacune revendiquait le privilège de Tinfaillibilité ; chacune accusait ses rivales.

Les violences devinrent (elles que Julien put dire : « Les bêtes féroces ne sont pas plus redoutables aux hommes queles chrétiens ne le sont les uns aux autres quand ils sont divisés de croyances et de sentiments. »

Ces sectes chrétiennes, d'accord au moins en un point, Dévoyaient pas dans le Christ un dieu.

Celte doctrine semblait confirmée par saint Paul quand il déclare qu'il adresse ses prières au « Dieu de iNolre Seigneur Jésus-Christ »; que « Dieu est le chef du

^ LE CHRISTIANISMK PRIMITIF

Christ »: Que « Dieu a ressuscité Jésus d'entre les morts »»; que « le glorieux avènement de Jésus-Clirist doit faire se manifester en son temps Celui qui est le seul puissant et qui seul possède rimmortalilé. »

On s*appuyait en môme temps sur le caractère éminemment humain de la vie de Jésus qui a crû en sagesse et en grâce à mesure qu'il croissait en âge ; qui a vécu îusqu'à trente ans dans la plus complète obscurité ; qui se fait baptiser au commencement de son ministère borné à une durée de trois ans ; qui invoque Dieu par ses prières, se soumet à des jcimes et est en butte aux tentations du démon ; qui est tellement pauvre qu'il faut nue des femmes subviennent à sa subsistance: qui ne possède pas môme un gîle, si bien qu'il déclare que le fils de rhomme n'a pas où reposer sa tôte ; qui permet oue ses disciples, sollicités parla faim, arracbent deséjiis dans le champ d'autrui le jour du sabbat, au lieu de faire quelque miracle propre à prévenir celte double violalion de la loi ; qui opère des guérisons. mais reconnaît qu'elles sont dues à la foi des malades plutôt qu'à sa puissance ; qui n'accomplit pas de miracles à Nazareth où on le connaît trop pour croire en lui : d'où celte parole : « Nul n'est prophète en son pays » : qui en impose si peu à sa mère et à ses frères qu'un jour o ils viennent pour se saisir de lui. disant qu'il a j»erdu Tesprit » ; qui rapporte à son père, à notre Père commun, toutes ses œuvres, et dit : « De moi-môme je ne puis rien » ; qui dit encore : « Pourquoi m'appelezvous bon"? Dieu seul est bon » ; qui enfin, aux approches de la mort, n'est inaccessible ni h la crainte, ni à la tristesse, ni, aux douleurs, demande à Dieu de l'épar- " et se plaint d'ôlre abandonné de lui.

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