SIMON LE MAGICIEN ET CERINTHE
C'était d'ailleurs la vieille opinion de tous les Juifs, nonpaganisés par THellénisme, que le Messie devait être un autre Moïse, quoique bien plus grand que Moïse ; et leur rigoureux monothéisme ne se serait jamais accommodé d'une espèce de dépossession de Jéhovah au profit Je Jésus.
Pour être admis dans TAssemblée des frères en Christ, il suffisait de reconnaître Jésus pour son Seigneur, On ne le voyait pas à travers une église ; on le voyait à travers la tradition vivante de son enseignement et de ses œuvres, comme le père de la paix dans la sainteté, et comme le miraculeux ressuscité, dont on espérait le retour triomphal.
Certains même contestaient le fait de la résurrection de Jésus. Tout au plus affirmaient-ils que son crucifiement avait été une victoire sur la mort désormais privée Je son aiguillon, et que la victime du calvaire avait mérité de Dieu qu'il ouvrît un jour aux hommes les portes du tombeau pour les prendre dans sa gloire, lui Jésus en tête.
Pourquoi n'aurait-on pas toléré ces négateurs de la résurrection ? Il ne fut pas question de bannir du troupeau choisi des apôtres l'incrédule Thomas parce qu'il avait nié que Jésus fut ressuscité et n'était disposé à croire qu'après avoir vu.