DOUBLE FACE DU CHRISTIANISNE
Pour comprendre les spéculations de ces philosophes (c qui, dit Bossuet, mêlaient les raisonnements humains avec la foi et entreprenaient de diminuer les difficultés
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du chrislianisine » il faul coDsidérer quel Iravaîl se faisait alors dans les &mes.
Dès le second siècle, l'idée chrétienne, qui avait d'abord remué les couclies inférieures de la société, pénétrait dans les classes cullivées et tendait à captiver les esprits polis par les lettres grecques.
Il y avait eq elle deux faces regardant l'une en bas, Tautre en haut.
À ceux d'en bas cette religion des soufîrants et des pauvres, née parmi les Juifs, vaincus toujours indomptés, apparaissait comuie la revanche des opprimés contre les oppresseurs, des conquis contre les conquérants; bienvenue était |iour eux la révolution libératrice qui allait déposséder Home de cette légion d'anciens dieux auxquels semblait liée la fortune de l'empire.
A ceux d'en haut, à ces érudils qui avaient été instruits par les Platon, les Cicéron, les Sénèquc, à aimer toute pureté et toute honnêteté et à voir dans la pénitence le remède de l'àme coupable; à ces croyants qui reconnaissaient un Dieu très bon et très grand à côté duquel, comme le déclare saint Augustin, les autres dieux tenaient la place qu'ont les anges près du Dieu des chrétiens; à ces païens qui gloriliaient dans les travaux d'Uercule et dans le supplice de Prométhée la soufTrance et le dévouement maintenant divinisés sur la croix de Jésus, la foi nouvelle, d'abord répudiée, persécutée, apparaissait peu '-i peu comme l'unique asile ouvert à l'esprit religieux, désormais incapable de s'abriter dans l'édilice usé de l'ancien culte.
Toutefois, il s'en faut que ces esprits délicats, qui se piquaient d'être avant tout disciples de la raison, fussent unanimes à accepter toutes les doctrines formulées par